ENFIN!Muse - The ResistanceRomain Bédard 15-09-2009 | 21h39
Après quelques recherches, j'ai appris qu'il s'agissait de Shrinking Universe, un B-side de Muse paru sur le CD Hullabaloo Soundtrack. C'était il y a un peu plus de trois ans. Muse venait de sortir son méga-populaire Black Holes and Revelations, une sorte de couronnement pour leur jeune carrière, un album exceptionnel dont les nombreuses explorations musicales n'entachaient en rien le son établi par le trio britannique depuis la fin des années 90. Il aura donc fallu trois longues années pour que Matthew Bellamy, Christopher Wolstenholme et Dominic Howard s'y remettent. La commande était grosse pour The Resistance. Et bien que l'album ne surpasse pas son prédécesseur, il demeure très solide musicalement, et réjouira à la fois ceux qui aiment retrouver le son traditionnel de Muse et ceux qui favorisent un côté exploratoire et preneur de risque. On aimerait que la délicieusement subversive Uprising - le premier single - donne le ton à tout l'album. À la manière de Starlight, c'est une pièce entraînante au rythme simple, du Muse à son meilleur. De toutes les autres pièces, Unnatural Selection et MK Ultra sont les seules qui rappellent le plus le Muse «classique» d'Absolution: guitares enflammées, envolées lyriques, batterie saccadée. Undisclosed Desires, un peu comme Supermassive Black Hole il y a trois ans, effectue un virage assez réussi vers la dance music. United States of Eurasia donnera quant à elle aux détracteurs de Muse une autre raison de comparer le groupe à des imitateurs de Queen. I Belong to You / Mon cœur s'ouvre à ta voix, avec sa basse funky, ses accents de clarinette et ses pointes de piano à queue, s'écarte trop du son traditionnel. Bref, avec les deux autres pièces, Resistance et Guiding Light, qui mettent de l'avant la touchante (et puissante) voix de Bellamy, l'album aurait pu se terminer là et les fans de Muse en auraient eu amplement pour leur argent. Mais - et c'est là que The Resistance passe à un niveau supérieur - l'album compte une surprise de taille. Pour terminer, le trio y va d'une suite «symphonique» en trois parties: Exogenesis: Symphony. C'est le cas de le dire: c'est la pièce de «résistance». En soi, l'idée n'a rien d'exagéré: il y a toujours eu dans les musiques de Muse une bonne dose de drame et d'élans presque symphoniques. Une pointe d'audace que certains prendront, à tort, pour de la vanité. Laissez-les médire! Car avec l'immense talent qu'on lui connaît, Muse, contrairement à beaucoup d'autres groupes, peut bien se permettre d'être prétentieux.
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