LE REPÈRE A ÉTÉ SECOUÉVincent Vallières - Le monde tourne fortPar Yan Lauzon 01-09-2009 | 15h06
Normal qu’il ait voulu se laisser porter par les mêmes eaux, discuter de la vie et de ses sentiments amoureux qui le dérangent, de son moral qui n’est pas toujours collé au plafond, mais de l’amour et la tendresse qu’il éprouve pour ceux qui l’entourent. Se laisser bercer un peu par le courant, ç’aurait été bien, mais disons honnêtement qu’il s’est laissé transporter tout du long avec son plus récent album, Le monde tourne fort. Résultat, à l’image du premier extrait - En attendant le soleil (correct, sans plus) – le chanteur enfile les pièces sans véritable rebondissement. Certes, il y a une suite logique, mais elle ressemble drôlement à un long fleuve tranquille. Imperturbable, censé et dénué de grandes émotions. Que la vie qui passe. Dès la deuxième écoute, on en vient à se demander si ces compositions – quoique sympathiques et apaisantes – ne sont pas trop faciles pour Vincent Vallières. Si elle ne sont pas là, en fait, surtout pour qu’on s’attarde aux paroles de ces treize nouveaux textes. Sans être dénués d’intérêt, les mots n’ont tout simplement pas la même portée que ceux du disque précédent. Ils sont un peu faciles, plutôt communs. Malgré cela, l’œuvre de Vincent Vallières s’écoute bien. Elle a certaines qualités indéniables. C’est une production soignée. Le hic, c’est qu’il n’y a pas vraiment de mélodies accrocheuses, outre peut-être celle du premier extrait. Et on ne ressent nullement l’urgence. Et où est donc passé le folk si accrocheur des compositions précédentes? Même s’il on sent l’interprète très sincère, le quotidien qu’il nous décrit est pluttôt banal. Armé de sa guitare acoustique, Vincent Vallières laisse son empreinte sur chacune des tranches de sa vie. Sur toutes ses histoires, il est bien présent, la plupart du temps avec ses fidèles comparses qui l’accompagnent de belle façon. Un invité se pointe au tout début du parcours : Louis-Jean Cormier, le leader de la formation Karkwa, avec sa guitare électrique. Du reste, le groupe est presque toujours le même, à l’exception des pièces Époque d’opinions et L’amour au coin de la rue (en duo avec Marie-Pierre Arthur) pour laquelle le Sherbrookois d’origine s’est inséré dans une bulle où le temps semble s’être arrêté. Certains considéreront probablement Le monde tourne fort comme un album sympathique et sans prétention (ce qu’il est tout de même). Mais d’autres, ayant encore le désir de réécouter Le repère tranquille, ont bien des chances de rester (un peu) de glace. COMMENTAIRES DES INTERNAUTES
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