EN CONSTANTE ÉVOLUTIONFred Everything - Lost TogetherJ. Sébastien Chicoine 12-07-2008 | 04h00
Fred(éric Blais) Everything vient de lancer sur étiquette OM son troisième album de matériel original (après Under the Sun en 2000 et Light of Day en 2004), et l'évolution qu'on sent d'un album à l'autre est renversante. Pas que les autres n'étaient pas bons — bien au contraire! — mais Fred semble vraiment être parvenu à un niveau supérieur dans la production de Deep House, il vient de s'assurer, avec Lost Together, une place dans les ligues majeures, et peut-être même au panthéon, selon ou non que ses pairs sauront égaler la qualité de cet album. Parce que voilà justement une des forces de Fred par rapport aux autres grand noms du genre: il est capable de produire un véritable album; pas simplement une collection de «singles», un album qui a sa propre logique interne, une oeuvre qui est plus que la somme de ses parties parce que le pacing y est aussi important que la qualité des pièces jouées, à l'instar d'un bon set de DJ — quelque chose que Fred connaît très bien! Mais ce qui frappe également, c'est la maturité dont il fait preuve dans ces nouvelles compositions.Peut-être est-ce dû au fait de s'éloigner ainsi de ses racines, mais Fred laisse désormais paraître sa sensibilité dans ses mélodies, ce qui lui permet de transcender les clichés du genre pour nous offrir des pièces clairement conçues pour le dancefloor sans être superficielles ou vides. Bon je ne vous dis pas qu'on a droit à des sujets et des textes profonds lorsqu'une voix se fait entendre (Roy Davis Jr., Tim Fuller, Lisa Shaw, Wayne Tennant, Tourtured Soul et N'Dea Davenport, rien de moins!), mais là n'est pas où se situe la force émotive des pièces de Fred — ni en fait du Deep House en général. Non, la véritable force de Fred c'est qu'il est, on le découvre tranquillement, un impressionniste et, peu importe le genre de musique dont il est question, c'est une qualité rare, un tour de force. C'est particulièrement frappant sur les pièces de ce disque qui font référence à des lieux (St-Viateur, Shinjuku Ramen, Mile End), des petites cartes postales sonores pleines de lumière et d'une touche de nostalgie, mais également dans les arrangements de cordes sublimes de Here I Am. Cette dernière est d'ailleurs le premier extrait du disque à avoir eu droit aux nombreux remixes typiques du genre, mais elle a su demeurer parfaite dans sa version originale, tandis que les deux «pièces montréalaises» sont hors de tout doute les points forts de ce disque, des hits en puissance. Faut croire que Fred avait envie de nous gâter pour se faire pardonner de nous abandonner pour San Frandisco (sic)...
COMMENTAIRES DES INTERNAUTES
Moyenne des votes :
LAISSER VOS COMMENTAIRES
Canoë se réserve le droit de ne pas publier une critique qui pourrait porter atteinte à la nétiquette.
|