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ÉVOLUER SANS RENIER SON PASSÉ
Simple Plan
Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
09-02-2008 | 10h45
Keep it simple. Ce proverbe anglophone bien connu que l’on pourrait traduire grossièrement par «garde ça simple» s’applique autant à des stratégies politiques et des concepts publicitaires qu’à une approche musicale.
C’est ce qu’a fait Simple Plan avec ses disques, No Pads, No Helmets… Just Balls et Still Not Getting Any… Une approche franche et directe, des riffs mordants, des refrains chantés à tue-tête, le tout enrobé d’un son vitaminé et dynamisant dont raffolent les jeunes qui veulent faire la fête.
Pour reprendre le slogan de la deuxième compilation des grands succès d’Elvis Presley parue il y a 50 ans cette année: «Sept millions de fans ne peuvent se tromper». On fait ici référence au total de disques vendus par le groupe québécois qui s’est fait connaître mondialement dans sa langue seconde.
Et maintenant, quoi? On refait la même chose pour la troisième fois? La réponse vient dès les premières secondes d’écoute de Simple Plan, avec la musique en boucle qui amorce le premier extrait, When I’m Gone.
ON INNOVE
On a compris, Simple Plan a donc décidé de varier ses enrobages. Une telle amorce en boucle est également repérable à l’amorce de The End. Cette intégration de sonorités atypiques dans les chansons de Simple Plan, elle revient dans plusieurs titres, dont Generation, et elle se situe dans les couplets, en rupture avec les refrains. On a l’impression que les gars ne voulaient pas trop désorienter leurs fans et conserver leurs refrains fédérateurs au possible.
Si Take My Hand, What If et Time to Say Goodbye sont les plus «Simple Plan» de facture, avec les guitares pop-punk à l’appui, Love is a Lie, a des saveurs d’Oasis, la guitare de Jeff Stinco dans Holding on sort du studio de The Edge, et I Can Wait Forever, l’une des nombreuses power ballads, a même des influences de Bon Jovi.
Au final, ces variations perceptibles sur disque l’étaient beaucoup moins quand Simple Plan a présenté ses chansons dans l’intimité de La Tulipe le 11 janvier dernier. Là, les nuances étaient moins évidentes.
Bref, Simple Plan en a juste assez fait pour ne pas faire dans la redite musicale, dispose d’une poignée de chansons probablement plus radiophoniques que naguère, mais n’a pas renié son passé.
En magasin mardi.