JAZZCritiques en vracJ. Sébastien Chicoine 27-07-2007 | 13h36
Sophie Alour - Uncaged _ À voir la pochette, je m’attendais à du jazz bonbon, mais quelle surprise quand dans mes oreilles ont éclatées ces notes intenses et cette atmosphère digne de Bitches Brew! Et la demoiselle a une «voix» bien à elle: il n’y a pas un saxo ténor contre qui elle ne pourrait pas tenir son bout. Si! si! Sur Uncaged, elle s’est entourée de Laurent Coq (piano, Rhodes), Karl Jannuska (batterie), Yoni Zelnick (basse) et de Sébastien Martel à la guitare sur quatre des 11 pièces. Franchement, une belle découverte que cet album. Heureusement qu’on l’a laissée sortir de sa cage! (4/5)
Alain Caron - Conversations _ De retour au jazz plus «classique». Monsieur Basse nous revient avec un album tout en duos où il dialogue avec certains des meilleurs musiciens jazz d’ici et d’ailleurs: Lorraine Desmarais, Otmaro Ruiz, François Bourassa, Oliver Jones et Jean St-Jacques. D’emblée, ce qui m’a le plus frappé (positivement), c’est que Caron entame de réels dialogues avec ses invités: ça n’est pas le Alain Caron Show en compagnie de X ou Y. Sans lui en faire le reproche, disons que c’est plutôt une constatation, Caron peut avoir tendance à se mettre un peu trop à l’avant-scène, mais il évite cela sur Conversations, et c’est bien ce qui fait la force du disque. (4/5)
Michel Héroux - Conversation _ D’une conversatyion à une autre, voici donc l’album d’un autre virtuose de la corde, la guitare, cette fois-ci, accompagné de noms bien connus de la scène jazz locale: Chet Doxas (saxo), Aron Doyle (trompette), Zack Lober (basse) et Jim Doxas (batterie). Héroux nous propose donc un opus de jazz centré sur la guitare assez classique, mais sans être convenu, puisqu’il n’utilise pas uniquement le vocabulaire conventionnel de son instrument et n’hésite pas à s’en servir un peu à la manière de ce que le chanteurs font lorsqu’ils font du vocalese. Et même si c’est un album de guitare jazz d’abord, Héroux permet quand même à ses invités de prendre la place qui leur revient, grand bien nous fasse! (3,5/5)
André Larue Sextet - Larue du jazz _ Larue et son sextet son originaires de Québec, comme quoi y’a pas qu’à Montréal qu’on hard boppe et qu’on swing! Le saxophoniste (alto, baryton, soprano) dont c’est le sextet l’a complété avec Michel Côté (saxo ténor), Louis Lepage (bugle), Vincent Gagnon (piano), Renaud Paquet (basse), Raynald Drouin (batterie) et Steve Hamel (percussions). Ils nous proposent ici 9 compositions originales qui seront au final comme une marche le long de cette rue du jazz à différents moments de la journée et à travers les saisons. Comme pour Héroux, on ne réinvente pas la roue, ici, mais on ne tombe pas non plus dans le cliché. Un autre bon produit Effendi. :) (3,5/5)
Manteca - Onward! _ Il me semblait qu’il y avait un bail que je n’avais pas entendu parler de cet orchestre canadien et, en effet, il s’agit de leur premier album depuis 1991! Vous dire s’ils ont changé ou pas depuis, je ne le pourrais pas, y’a trop longtemps que j’ai écouté ce qu’ils faisaient. Mais une chose est certaine, cet album s’écoute tout seul, c’est riche, dense, mais sans jamais être lourd. Les arrangements sont fins et subtils et il faut saluer au passage la prise de son et le mixage qui sont incroyables. S’ils sortaient une version Dolby 5.1 de ce disque, je me la procurerait avec empressement. À noter qu’ils seront de passage à Montréal en octobre prochain. (4/5)
Ricardo Teté - Geringonça _ Si vous aimez la musique brésillienne, voud DEVEZ vous procurer ce disque qui ne peut pas ne pas vous plaire. C’est aussi simple que ça. Tout est là: les influences du tropicalismo, la modernité de Bebel Gilberto et consorts, les arrangements de cuivres plus jazzy et moins typiques de la bossa nova ou de la samba, même un peu de rap et d’influences baile funk, bref, impossible de ne pas aimer ce disque. (4,5/5)
Erik Truffaz, Marcello Giuliani, Marc Erbetta, Patrick Muller - Arkhangelsk _ Il doit être complètement écoeuré de l’entendre, mais Truffaz est encore et toujours le fils spirituel de Miles Davis. Sauf qu’ici, bien que sa «voix» soit toujours aussi Milesienne, l’enrobage ne l’est résolument pas. OK, peut-être rsu Miss Kaba, en ouverture, mais après ça, on tombe dans un monde complètement différent qui est de moins en moins jazz au fur et à mesure que l’album progresse, jusqu’à ce qu’on écoute des pièces qui auraient presque pu être — à quelques nuances près imputables au fait qu’on a quand même affarie à des musiciens jazz — des pièces du répertoire rock des années 70 et même de l’alternatif des années 80. Surprenant, mais terriblement efficace! (4/5)
Jacques Vidal - Mingus Spirit _ Ce contrebassiste français a voulu rendre hommage à ce géant du jazz qu’est Charles Mingus pour qui j’ai un immense respect. Je craignais donc un tout petit peu que le résultat ne puisse qu’être décevant. Que nenni! Tout semble avoir été pensé et mûri dans le plus grand respect et la plus grande intelligence, jusqu’au titre. Il ne s’agit donc pas de «copier» le style Mingus, mais bien d’endisquer des pièces qui rendent l’esprit unique de Mingus, et Vidal (avec Eddie Henderson, Pierrick Pedron, Eric Barret, Daniel Zimmermann, Glenn Ferris, Isabelle Carpentier, Frédéric Sylvestre, Manuel Rocheman et Simon Goubert) y parvient avec brio. Chapeau (un pork pie hat, bien entendu), monsieur Vidal! (4,5/5)
David Virelles - Motion _ Natif de Cuba et installé à Toronto depuis quelques années, Virelles est le gagnant du Grand Prix GM du Festival International de Jazz de Montréal, édition 2006. L’enregistrement de ce disque résulte directement de ce prix. Entouré de Luis Deniz (sax alto), Devon Henderson (basse), Ethan Ardelli (batterie) et de Luis Obergoso (percussions), Virelles nous livre un jazz légèrement latin et fortement avant-gardiste. Presque trop. Oh! C’est loin d’être mauvais, mais on sent parfois dans les arrangements et les signatures de tempo que c’est compliqué pour être compliqué, ce qui le précédent Vidal qualifie dans son livret d’avant-gardisme «de circonstance». Mais bon, je conviens volontiers que ce qui m’a légèrement rebuté pourra sans aucun doute faire le bonheur des autres. Un très bon disque malgré tout. (3/5)
Carol Welsman - éponyme _ À l’instar d’Alour, la pochette me faisait craindre du jazz un peu boboche, en fait, je craignais quelque chose à la Diana Krall (je ne dis pas ça négativement pour madame Elvis Costello). En fait, force est d’admettre que même pour la miss Welsman, il ne doit pas être facile de sortir de l’ombre de l’autre même si elle ne naviguent pas vraiment les mêmes eaux. Welsman est définitivement plus MOR, ou comme on dirait ici, Rock Matante. Désolé. Pas ma tasse de thé du tout... Le talent est là, mais je ne peux pas donner une meilleure cote... (2/5)
COMMENTAIRES DES INTERNAUTES
Moyenne des votes :
LAISSER VOS COMMENTAIRES
Canoë se réserve le droit de ne pas publier une critique qui pourrait porter atteinte à la nétiquette.
|