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L'essentiel sans superflu - Jesse Malin - Glitter in the Gutter
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L'ESSENTIEL SANS SUPERFLU

Jesse Malin - Glitter in the Gutter

Frédéric Mailloux
17-04-2007 | 11h26
Le New-Yorkais Jesse Malin s'inscrit dans la lignée des auteurs-compositeurs dits classiques, combinant une musique simple et remplie de hooks à des textes terre-à-terre (mais pas toujours dans le cas de Malin) qui touchent instantanément les gens.

Pour son troisième album, Malin se paie des collaborations pas piquées des vers. Jakob Dylan et Bruce «The Boss» Springsteen lui prêtent leurs cordes vocales le temps d'une chanson chacun, tandis que Josh Homme (Kyuss, Queens of the Stone Age, Eagles of Death Metal) et Ryan Adams - à ne pas confondre avec Bryan - le bad boy du country-rock américain, grattent leurs six-cordes sur quelques autres.

Le résultat est très roots rock, si on suit l'évolution naturelle du genre en partant de John Mellencamp, Tom Petty et Tom Cochrane. C'est une musique qui sent le bar pré-loi anti-tabac, qui goûte le whisky et les fonds de bocks, avec un arrière-goût de bitume et de béton.

L'américain n'avait jamais enregistré de disques hors de sa ville natale et suite à la perte subite de son appartement, il a foutu ses possessions dans un entrepôt et est parti vers L.A. avec sa guitare et une valise contenant quelques vêtements. On sent l'urgence et le qui-vive de l'exilé sur les 13 pièces de Glitter in the Gutter (littéralement: Du brillant dans le caniveau).

Les chansons me font penser à des tounes de pick-up qu'on écoute en roulant sur une route secondaire avec les nuages de poussière dans notre sillon. Glitter in the Gutter représente la quintessence du AOR (album oriented rock) où toutes les pièces sont de qualité et le cd s'écoute comme un tout, sans être un album concept, malgré — ou à cause — des contrastes frappants.

Le thème de l'évasion — «I don't care about tomorrow tonight...», «she's a seven day weekeend», «I'm not wasting away my dreams...» — et celui du cinéma sont omniprésents: la moitié des chansons parlent de «silver screen», d'acteurs et de films, comme si la vie qu'il mène n'est pas vraiment la sienne, mais une projection de celui qu’il voudrait être.

Ça devient presque une obsession, mais certaines pièces ressemblent à un nouveau style, que je viens de définir: le countrymo (un amalgame de country et de «emo» comme sur Prisonners of Paradise, ou certains passages de Tomorrow Tonight...). J'en suis venu à la conclusion que Jesse Malin écrivait des chansons semblables à celles de Soul Asylum et de Counting Crows, mais en plus «mâle».

Cet album pourrait être le rare disque qui plaît autant à papa qu'à fiston.

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