PRESQUE GAINSBOURG, MIEUX QUE SHOCKDeweare — High Class TraumaJ. Sébastien Chicoine 06-03-2007 | 11h20
Il y a des moments comme ça dans une vie de mélomane, des moments qui frisent l’épiphanie, et j’en ai récemment vécu une avec l’album High Class Trauma du français désormais établi à Montréal, Franck Deweare. Épiphanie? Oui, et je m’explique. Je n’ai jamais réussi à aimer Stefie Shock, malgré de sincères efforts. J’avais toujours l’impression qu’il cherchait à surpasser ses idoles mais qu’il n’arrivait jamais plus qu’à les mal imiter. Ce n’est pas facile de faire un tel aveu, mais tel un alcoolique dans une rencontre de AA, j’ai rapidement découvert que je n’était pas seul. J’ai ouï des gros mots à son égard, dont notamment «poseur», que j’ai trouvé approprié. Mais voilà qu’on me fait découvrir, il y a quelques semaines, le premier album de Deweare (prononcer «de verre»), et tout à coup, je trouve enfin ce que mon oreille cherchait à combler quand j’écoutais Shock. Deweare nous arrive d’ailleurs avec un pedigree très enviable, même si son nom ne nous est — pas encore — familier. Il a travaillé avec Ariane Moffatt et Cindy Lauper (!), Afrodizz (au dernier Festival de Jazz) et The Herbaliser et, pour son album, s’est entouré des incontournables Jean-Phi Goncalves, Alex MacMahon (Plaster) et Carl Bastien (au mixage), sans oublier Cristobal Tapia DeVeer et Éloi Painchaud (pour la pièce titre). Écoutez la pièce The New DawnOh! et il faut mentionner également madame Beatrice Bonifassi qu’on associe désormais tout autant à Champion qu’aux Triplettes de Belleville et qui prête sa voix à The New Dawn, une immense reprise de Nina Simone réalisée avec brio et qui est le premier extrait de ce disque. Puisqu’il le faut, je vais y aller de quelques analogies pour vous situer High Class Trauma musicalement: on nage dans les eaux pop rock alternatif à la limite de la thermocline trip hop, là où vivent quelques poissons-jazz. Beaucoup de Beck avec par moments une touche de Portishead, de Troublemakers, de Bertrand Burgalat ou de Gainsbourg, mais sans jamais carrément y ressembler. Ce disque incontournable risque fort d’enflammer les lecteurs de bien des bars branchés. En magasin le 6 mars. P.S.: Je ne comprends pas vraiment la réaction des gens qui ont commentés ci-dessous comme quoi je «bitchais» Stefie Shock. Je ne fais aucun commentaire gratuit à son égard; j'exprime mon opinion très personnelle sur son travail que je ne suis jamais parvenu à apprécier parce qu'il m'a toujours donné l'impression de ne pas être «achevé». Je serais «bitch» si je disais que je le trouve laid, par exemple, un commentaire qui n'aurait rien à voir avec ses qualités de musicien ou d'auteur. Merci de préserver votre sens critique, chers lecteurs. — JSC (07 mars 2007) COMMENTAIRES DES INTERNAUTES
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