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Les Batteux Slaques - Ça sonne le cul

par Mélanie Malo
27-10-2006 | 15h05
À en croire le titre, ça sonne le cul. Oui, c’est vrai, mais pas musicalement…

Le groupe s’appelle Les Batteux-Slaques*:

N.M. Mollusque terrestre avec ou sans coquille, bavant et/ou baveux, qui croît dans les swompes et les moskeg – on le reconnaît à la trace douteuse qu’il laisse sur son passage ainsi que dans les esprits vaseux de ses semblables – P’tit Denis 2006

Voilà qui donne le ton… Ajoutez à cela un titre d’album tel que Ça sonne le cul, votre curiosité n’en sera que plus piquée. La mienne l’aura été, et le restera pour les albums à venir en tout cas!

Aux frontières extrêmes du folklore se trouve un genre plutôt ludique, empreint de réalité et surtout, pas désagréable du tout: le «fucklore». Ne convenant bien sûr pas à toutes les oreilles, celles qui sauront s’accommoder de ce style grandement honoré par le groupe le feront à répétition.

Parce que si un peu vulgaire par moment, on prend tout de même rapidement un malin plaisir à chantonner joyeusement «Abuse la bizoune – pis tapote le toton – pis croque le nanane – pis chatouille la banane – pis bouffe la touffe – pis flatte la pantoufle – pis viens-y dans face pendant qu’a fait des grimaces».

Mais tout ça c’est pour rire, c’est bien sûr. De croustillants refrains en couplets plutôt punchés, on navigue donc à travers des textes qui, si drôles et grivois à prime à bord, évoquent plus souvent un second degré tout en suggérant de poser un regard différent sur la réalité.

* Slaques: N.M. Qualité de ce qui est mou. «Être slack» - perdre son érection. Ex: Être jacké comme un Batteux-Slaques. Tiré d’un conte, La Snette, des Fables de Pinceau
Ainsi on chante la misère de la femme «sur le BS», la religion oppressante, l’absurdité gouvernementale, le troupeau de moutons québécois que nous sommes, la matante qui elle aussi se lâche lousse, le bon gars qui en a assez, le désir de se défoncer (dans tous les sens du terme), bref, on s’amuse bien puisque tout est fait avec un brin d’humour.

Évidemment, une grosse partie du plaisir de Ça sonne le cul réside dans le contenu, mais on ne peut passer sous silence l’excellente qualité musicale. Du trad comme on aime, qui bouge, qui fait taper du pied, et qu’on n’hésite pas à mettre dans les partys! Violon, harmonica, guitares, mandoline, banjo, percussions, tout est joué avec justesse pare des gens qui n’est sont certes pas à leur premier rigodon. Et on a même droit à un siffleux!

Gravitant autour de Pierre-Luc Brillant, qu’on a notamment vu dans l’excellent C.R.A.Z.Y. campant le rôle de Raymond, les membres du groupe, permanents ou invités, s’amusent ferme et ne se prennent surtout pas au sérieux. Il n’y a qu’à voir le site des Batteux-Slaques, pour comprendre que la prétention de fait pas partie du band. Et c’est tant mieux. Si le folklore plaît, le «fucklore» ne brouille pas les cartes et rassasie tout autant.

Le premier disque, Zin Zin Zin, est passé inaperçu, celui-ci ne devrait pas rester dans l’ombre très longtemps. Certains diront sans toute que c’est grâce à la désormais popularité de Brillant, mais moi je dirai que c’est surtout parce que c’est le résultat d’un délire collectif auquel on a envie de prendre part.

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