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Un album imposant - Trentemøller - The Last Resort
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UN ALBUM IMPOSANT

Trentemøller - The Last Resort

par J. Sébastien Chicoine
05-10-2006 | 06h34
La première fois que j’ai entendu parler d’Anders Trentemøller, c’est début 2005 lorsque mon copain Fred (comme dans Everything) m’a dit qu’il avait fait remixer une pièce de son prochain maxi par ledit Danois. Le travail de ce dernier sur la pièce Friday a piqué ma curiosité et au fil de mes recherches, je suis tombé amoureux du «son» Trentemøller.

À mi-chemin entre le mirco-house chirurgical à la Archipel et le dub clinique de Thinner, mais toujours éminemment «dansable», il a pris le monde de l’électronique d’assaut depuis un peu plus d’un an se méritant le titre de «meilleur nouveau venu» grâce à ses compositions et de nombreux contrats de remix pour, entre autres, The Knife, Röyksopp et Pet Shop Boys.

Or, voici donc qu’il nous arrive avec son premier album de compositions intitulé The Last Resort (cliquez ici pour entendre quelques extraits) et je peux vous dire tout de suite que cet album — même s’il n’est suivi que d’un grand silence ou, pire, de musique complètement nulle — est un veritable classique instantané, et je ne dis pas ça sur un coup de tête. J’ai le CD en main depuis le mois d’août, alors j’ai eu le temps de bien l’écouter.

On parle ici d’un travail qui se compare, en terme d’impact prévisible sur le monde de l’électronique, avec The Orb’s Adventure Beyond the Ultraworld, l’«album brun» d’Orbital, ou Second Toughest in the Infants d’Underworld pour ne nommer que ces trois albums qui ont fait date.

Musicalement, on est assez loin des incendiaires pièces conçues pour les pistes de danse auxquelles Trentemøller nous a habitués depuis 18 mois. Ce qu’il nous propose ici est très impressioniste, ce que l’on a l’habitude de qualifier de «cinématique». L’artiste lui-même affirme avoir l’impression d’écouter la musique d’un film qui se déroule devant ses yeux, sur The Last Resort.

Force est d’admettre que l’impression est juste. Take Me Into Your Skin, qui ouvre l’album avec ses presque 8 minutes est une véritable bombe atomique qui donne le ton pour les 67 minutes restantes. Je vous dirais bien, comme c’est mon habitude, quelles sont les pièces qui se démarquent du lot, mais il n’y a simplement aucun temps mort.

Oh! bien sûr, il nous permet parfois de reperndre notre souffle, mais c’est pour mieux nous étourdir quelques instants plus tard.

Que ce soit par l’arrivée d’un solo de batterie dans un orage de clicks et de blips (Take Me Into...), une tornade de scratchs là où on s’y attend le moins (Always Something Better) ou carrément en nous la jouant Il était une fois dans l’ouest version 64 bits (The Very Last Resort), Ander Trentemøller redéfinit plus d’un genre et plus d’une approche créative d’un seul et magistral revers de la main.

Écoutez encore les Chameleon (que Richie Hawtin aurait rêvée de composer en 1996) ou Into the Trees (Serenetti Part 3), dont la caisse claire n’est pas sans rappeler une certaine Bostich, si vous n’êtes pas convaincus.

L’album paraîtra le 10 octobre chez Distribution Statik en version édition limitée avec un deuxième CD de matériel précédant TLR, et je vous recommande fortement cette édition limitée. Je le recommande d’autant que ce deuxième disque contient quelques-uns de ses classiques plus «dancefloor» qui ont aidé à le faire connaître, comme Rykketid, Polar Shift, Sunstroke ou Nam Nam et que vous ne trouveriez autrement qu’en vinyl dans les boutiques spécialisées (et encore...)

Sous toute réserve — il reste quand même trois mois à faire en 2006 — The Last Resort est pour moi l’album de l’année dans le monde de l’électronique et peut-être bien toutes catégories confondues...

À Montréal le 27 octobre pour l’événement Clinik présenté par Diskho.

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