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The Music

par J. Sébastien Chicoine - Canoë
15-03-2003 | 21h32
The Music, ou quand la génération Rave redécouvre le Rock...

On parle déjà d'eux comme le 'Next Big Thing' en Angleterre. Coldplay les ont personnellement invités à faire leur première partie sur plusieurs dates de leur présente tournée, dont celle de Montréal récemment. Est-ce que ce quartet britannique serait vraiment la renaissance du Rock après sa dernière itération réellement créative, le grunge? On dirait que oui...

Il y a longtemps qu'on a compris que le Rock ne pouvait plus se renouveler par le son. Il ne restait que deux options: la structure des pièces et les techniques de production. Des groupes comme Queens of the Stone Age (un supergroupe de l'ère Grunge avec entre autres Dave Grohl à la batterie) ont compris l'aspect structurel de la chose — pensez au succès No One Knows (et au reste de leur album Songs for the Deaf, à ce compte là) qui n'a rien à voir avec la formule couplet-refrain-pont-couplet-refrain habituelle.

The Music, eux, nous livrent les deux, et sur un plateau d'argent!

Lors d'une bonne écoute de leur album éponyme — qui est loin d'être leur premier effort lorsqu'on consulte leur discographie — on est rapidement tenté de dire des gros mots, de faire des comparaisons qui paraissent impensables de prime abord. Mais ces comparaisons sont inévitables: Led Zeppelin, The Doors et encore d'autres monstres sacrés du Rock sont immédiatement invoqués lorsqu'on écoute The Music.

D'entrée de jeu, une pièce comme The Dance nous en met plein la gueule avec des techniques de production où les échos et le sampling sur la batterie (pas des beatbox, simplement de l'échantillonnage) en deviennent quasi-hallucinogènes vers la fin de la pièce...

Mais ce qui est fantastique avec eux, c'est qu'ils sont un amalgame, une synthèse, du Rock des 30 dernières années, mais avec une emphase particulière sur ce qui s'est fait de mieux dans les dix dernières; on entend, outre les gros canons susmentionnés, des influences autant de Stone Roses que de Nirvana, de Happy Mondays que de Smashing Pumpkins. On est vraiment dans les ligues majeures, ici.

Si vous voulez des repères plus précis, disons que le chanteur, Robert Harvey, sonne un peu comme un Zach de la Rocha (Rage Against the Machine), mais sans le bâton de dynamite avec la mèche allumée planté dans le popotin et qui aurait fabriqué un clone (avec ou sans Raël!) en utilisant des gènes de Robert Plant.

Le jeu de guitare de Adam Nutter tient autant de Keith Richards (puisqu'il joue le double rôle de rhythm guitar et de lead guitar) que de Jimmy Page. La section rythmique, quant à elle, est solide comme du granit et n'a pas son pareil depuis Entwhistle et Moon ou John Paul Jones et John Bonham. Oui, c'est aussi pesant comme calibre!

Outre la massive pièce Take the Long Road and Walk It, un véritable monument à l'histoire du Rock avec son pont de slide guitare et son groove carrément infectieux et la susmentionnée The Dance, la pièce qui se détachent du lot sont The People, digne héritière des riffs accrocheurs autant des Toxic Twins (Aerosmith) que des Glimmer Twins (Jagger et Richards), mais imaginez qu'on y ajoute un riff de TB303, ce synthétiseur qui fait à lui seul le son Acid House... OUF!!!

Vous vous êtes déjà demandé ce qu'aurait l'air un hybride de Rock et de Disco, mis à part les tentatives décevantes de Rod Stewart et des Rolling Stones au début des années '80? Écoutez la pièce Disco... J'en suis resté bouche la bée, comme disait si bien Brobny Orobney (alias Michel Rivard, pour ceux qui l'auraient oublié).

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