 |
|
|
Cote des internautes
5/5
(Nbre de vote : 2)
|
|
|
KID A
Radiohead (en reprise)
Michel Defoy - InfiniT.com
06-01-2001 | 04h00
Pour peu qu'on se soit intéressé à l'actualité musicale en l'an 2000, on n'aura pu que remarquer la parution hautement médiatisée du quatrième album de Radiohead. Objet d'attentes hyper élevées, voire déraisonnables, ledit disque n'est pas la bombe A annoncée. Enfin, pas tout à fait. En matière d'expérimentalisme électronique, d'autres ont mis au jour engin bien plus explosif (les Allemands Can et Neu, notamment) il y a de cela belle lurette (au début des années 70). Quoi qu'il en soit, dans le contexte actuel, favorable au préfabriqué et au prêt-à-écouter, l'éthique de travail de Radiohead détonne. Par son refus de jouer le jeu de l'industrie, le quintette d'Oxford démontre sa force de caractère. Pour la bande à Thom Yorke, pas question de se soumettre au contraignant cycle compo-lancement-tournée, assise de toute carrière pop moderne. Déjà, avec
OK Computer, objet musical difficile à cerner, on constatait un certain malaise. Ou plutôt, un malaise certain.
Kid A fournit la preuve par 10 que Radiohead ne peut plus, ne veut plus formater sa musique pour les masses. D'où la présence discrète des guitares, d'où l'absence de textes cohérents, d'où le coefficient de difficulté de l'ensemble. Placé au sein du carcan ultra rigide du rock actuel,
Kid A rue dans les brancards, secoue les idées reçues, fesse dans le tas. Qu'on ne se trompe pas: sa première position au palmarès tient aux antécédents du groupe qui l'a créé et n'annonce pas une révolution de palais. Ce n'est pas demain la veille. Mais voilà, bon nombre d'oreilles vierges auront été titillées par de nouvelles sonorités, se seront fait élargir les tympans. Qui sait, ces mêmes portugaises voudront peut-être maintenant s'initier à l'oeuvre d'Aphex Twin, ou d'Autechre, formations dont Radiohead s'est manifestement inspiré. Et ça, c'est bien. Comme quoi il y a de l'espoir.