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Chronique de Pierre Harel

Agence QMI

Le joual

Le joual

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Les vacances de l'Industrie de la construction sont commencées et ça parait ! Les rues de la Basse-Ville de Québec, côté Nord, sont tranquilles alors que celles de la Haute-Ville, côté Sud de la Basse-Ville au pied du Cap Diamant, grouillent de touristes principalement asiatiques, appareils photos en bandoulière, ou au poing, cliquetant, mitraillant de cliquetis formant un courant de bulles sonores cliquetantes encerclant les fortifications, statues, monuments, immeubles coloniaux, canons de fonte, murailles, calèches, et même, en très gros plan, fleurs colorées des plates-bandes ainsi que leurs insectes butineurs.

Ma belle compagne m'ayant suggéré une liste de sujets de chroniques, toutes référencées, voici l'article ayant suscité son intérêt à m'intéresser plus spécialement à l'un d'entre eux.

Je me souviens d'avoir déjà exprimé ici ma colère concernant l'incapacité pitoyable de certains Canadiens-français, pourtant plus instruits que la moyenne des autres, d'apprécier la magnifique beauté de leur langue dialectale vieille de plusieurs centaines d'années en Amérique, méchamment et stupidement appelée le « joual », ayant cependant des racines profondes en Normandie, en Bretagne, en Perche et dans d'autres régions de France, en plus de teintes iroquoises et algonquines des débuts de la colonie, et d'emprunts anglais d'après 1763 à nos jours. Voici ce qu'en dit le célèbre auteur québécois Michel Tremblay : Quelqu'un qui a honte du joual, c'est quelqu'un qui a honte de ses origines, de sa race, qui a honte d'être québécois.

Voici ce qu'on en pense à l'Université Laval de Sainte-Foy, à Québec :

Cette langue canadienne originant de Nouvelle-France, que je nomme dialectale car elle a un bon fond français issu des XVIe et XVIIe siècles, est devenue une vraie langue de par son esprit d'une profonde originalité poétique s'étant surtout manifestée par l'invention de mots nouveaux et la conservation de mots très anciens retraçables chez les Gaulois et les Celtes comme, entre des dizaines d'autres, ficelle et avoine, et des centaines d'autres mots datant des Haut et Bas Moyen Âge mais, sans surprise, plus rien dès le début du XVIII. Voici ce qu'en pense Wikipédia.

On dit qu'une langue morte est une langue qui n'invente plus de mots, soient-ils sujets, verbes, adjectifs et compléments, ou toutes autres fonctions de la pensée sonore pouvant s'insérer dans une structure syntaxique parlée ou écrite, qu'une langue morte est une langue asséchée ne faisant plus d'images nouvelles de ses vieux mots, qu'une langue morte est une langue ayant été corrompue par l'écriture, tordant la bouche, forçant la prononciation de chaque consonne, de chaque voyelle plutôt que d'insuffler un souffle vital transcendant toutes les règles du langage dont la raison d'être originelle n'était que de partager des intelligences, des émotions, et d'en renforcir les liens d'appartenance au groupe.

Imaginez-vous maintenant prononçant le mot « cheval », sous français international, en remarquant la forme que prend votre bouche sur le « che », et celle de vos lèvres et de vos joues sur le « val ». Ne sentez-vous point le souffle perdu entre les dents serrés du « che » et la contrainte du mors aux commissures des lèvres pour le « val » ? Pauvre cheval ! Pauvre bête de somme ! Pauvre « Beast of Burden » comme le chantait Jagger ! À l'image de ses maîtres ! Soumis, ou fanfarons, mais toujours en servitudes ! Féodales ou religieuses ! « Submissio semper submissio » ! Toujours une soumission excluant l'amitié entre l'homme et l'animal ! Privant celui-ci de l'intelligence de celui-là, empêchant le compagnonnage des deux essentiellement nécessaire à l'agriculture comme à la guerre.

Maintenant, les yeux fermés, dites « joual », et sentez votre souffle s'exhaler facilement de votre poitrine, passant votre arrière-gorge pour sortir librement de la bouche ouverte et s'éloigner en galopant joyeusement crinière au vent ! Le mot « joie » ne couronne-t-il pas ce joual, bel animal courageux, intelligent, robuste compagnon de nos ancêtres canadiens de Nouvelle-France depuis 1665, constituant maintenant une race chevaline particulière à part entière ? Voici ce qu'on en découvre chez Wikipédia.

Bonne semaine.



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