Chroniques

Chronique de Pierre Harel

Agence QMI

Radiohead's « Creep »

Radiohead's « Creep »

Thom YorkePhoto Agence QMI, Dario Ayala

Nous voilà déjà à la mi-juillet de l'an 2018, ah que le temps passe vite et haha que nous peinons à le suivre sans jamais le rejoindre, alors que force nous est de constater que le large et complexe foisonnement musical issu du simple rock'n'roll d'origine s'est enrichi de nouvelles pièces psycho-romantiques, et surtout, tellement surtout, enrichi de « CREEP », cette chanson des Radiohead d'un romantisme extrême dans ses explosions de violence comme dans ses implosions de souffrance, écrite et composée en 1991, simple paru en 1992, figurant au corpus d'un premier album intitulé PABLO HONEY paru en 1993. Visitons maintenant Wikipédia pour en apprendre plus au sujet du groupe RADIOHEAD.

Comme de nombreuses autres chroniques celle-ci m'est venue d'une suggestion de ma séduisante amie, miracle *« inespéré et inattendu », ayant pris soin, dans son immense respect de ma liberté et de celle des autres en général, d'en proposer plusieurs me laissant ainsi l'opportunité de choisir l'une d'entre elles. Allons maintenant consulter l'article, de mon ami Alain Brunet paru dans La Presse.ca du 18 juillet passé, déclenchant son intérêt envers les spectacles de RADIOHEAD au centre Bell de Montréal les 16 et 17 juillet dernier.

J'ai entendu « CREEP » pour la première fois en 1993 à Musique Plus lorsque Pierre Marchand, alors Grand-Prêtre de ce temple de la vidéo-musique, m'avait fait brièvement écouter cette chanson qui allait devenir l'emblème d'une génération perdue dans les brumes d'ambivalences de l'impossible choix entre papa et maman, entre rêver et réaliser, entre s'aimer et se détester, entre vivre et mourir finalement !

Je me souviens fort bien de m'être immédiatement reconnu dans la complainte enragée de « CREEP » génialement chantée par Thom Yorke ce poète planétaire assez solide pour surmonter et vaincre les innombrables obstacles piégeant la voie poétique lorsque la gloire et l'argent l'encombrent de gouffres et d'enfers capables d'avaler les meilleurs et les plus beaux ! Mieux vaut alors être deuxième sur le sentier de lumière et d'une belle laideur de sorte que les riches abysses soient évités et les éloges pondérés.

La voici maintenant cette formidable et gigantesque chanson précédant de quelques mois l'éclosion du GRUNGE aux USA, genre dont l'essence, à l'imitation de « CREEP », tient d'un clash d'ambivalence intense entre ordre et désordre, douceur et violence, amour et haine, se dépêcher et prendre son temps *(hurry up take your time), etc. Voici enfin la chanson « CREEP » : 

Je ne pouvais aller plus loin sans vous donner, ou redonner, à lire un bel article de Philippe Renaud paru au Le Devoir du 17 juillet passé :

Je n'avais pas réécouté « CREEP » depuis 1993, sauf de rares fois à l'occasions de bribes éparses et aléatoires en radio d'auto, et à chaque fois, même pour de très courtes écoutes, je ressentais la même émotion comme si cette chanson portait en elle une bonne part de mon existence émotionnelle.

Cette fois, pour les besoins de cette chronique, une écoute complète m'a provoqué des remous d'âmes faisant rouler sous le ciel de ma mémoire de gros nuages noirs déchirés de sombres éclairs, souvenirs affolés de ces peines, toutes, souffrances d'être de ceux qui ne verront jamais leur visage en fermant les yeux, de ceux qui n'existent que par l'écho de la pensée des autres, de ceux ou celles, enfants, dont on a marqué l'esprit au fer incandescent d'insultes infâmes leur interdisant la beauté et le respect de soi-même jusqu'à ce terrible « i don't belong here » que j'ai si souvent entendu gémir et hurler au fond de moi.

*Titre d'un roman de Réjean Ducharme.

* Paroles d'une chanson de Kurt Cobain de Nirvana.

Bonne semaine.



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