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Chronique de Pierre Harel

Agence QMI

Taire des hommes (suite)

Taire des hommes (suite)

Photo Courtoisie

Voici ce que ma merveilleuse et précieuse amoureuse m'envoyait il y a quelques jours avec la mention suivante en exergue : « Je viens de découvrir ton film, « Taire des Hommes », que tu as fait avec Pascal Gélinas en 1968, et qui est la fausse note essentielle à ce concert parfait du Centre d'histoire de Montréal et de son exposition en cours : « Explosion 67 Terre des Jeunes / Youth and Their World ».

Comme je l'écrivais à la fin de la précédente 398è j'espérais, sans trop d'attentes, pouvoir vous présenter une version numérisée du film « Taire des Hommes » tourné en partie le 24 juin 1968 lors de l'émeute du Parc Lafontaine, justement surnommé le « Lundi de la matraque », alors que le défunt premier ministre du Canada et père de l'actuel Justin, Pierre Elliott Trudeau, s'était présenté avec arrogance à une estrade installée rue Sherbrooke sur le trajet du défilé de la Saint-Jean Baptiste célébrant la fête nationale des Canadiens-français du Québec, du Canada, et d'Amérique du Nord.

J'ai le plaisir de vous apprendre que les enfants de deux de mes amis malheureusement décédés, soient Félix Rose et Jules Falardeau, fils de Paul et Pierre, ont chacun généreusement offert de m'envoyer par courriel une copie numérisée de ce film ayant d'abord été offerte à Félix Rose par mon ami et coréalisateur de « Taire des Hommes », Pascal Gélinas. Je tiens à les remercier tous les deux de leur générosité même si Félix a été le premier à me faire parvenir sa précieuse copie par courriel. Je tiens également à remercier l'éditeur principal Patrick Lebrasseur, de SOS R'N'R importante référence FACEBOOK quant à la culture rock du Québec de ses origines à nos jours, pour avoir permis la transposition du document numérisé en élément YOU TUBE utilisable.

Cependant, avant de procéder au visionnement de ce documentaire marquant sur la brutalité policière, et finalement sur une société et ses lois permettant un comportement policier aussi empreint de sadisme et de méchanceté envers des citoyens non jugés, non reconnus coupable, et sous présomption d'innocence, avant de visionner dis-je, je vous laisse quelques explication et certains détails quant aux événements qui ont permi la réalisation de ce film ayant été primé lors du Festival du film de Berlin peu après sa parution à l'automne 1968.

Toujours est-il que j'étais au parc Lafontaine vers la fin de l'après-midi précédant le terrible événement avec des amis venus, comme des milliers d'autres Montréalais, voir paisiblement passer le défilé annuel de la Saint-Jean lorsqu'à la suite de l'arrivée de Pierre Elliott Trudeau sur une estrade d'honneur des mouvements et des clameurs de foule ont commencé à se faire voir et entendre.

Ce que les nouvelles générations ont de la difficulté à concevoir et à comprendre, c'est qu'à cette époque existait encore une conscience nationale du peuple des Canadiens-français ainsi qu'une cohésion sociale aujourd'hui à peu près disparues sous les effets d'occlusion de son histoire et d'une ouverture commerciale et culturelle sur le monde encourageant l'immigration et créant ainsi une multiplicité des cultures, des langues et des traditions, diluant de ce fait une démographie canadienne-française déjà en voie d'affaiblissement depuis la Grande Récession, crise économique dévastatrice de 1929.

En résumé, disons que la Nation des Canadiens-français est toujours là mais qu'elle est en dormance, ne sachant plus qui elle était et ne sachant pas ce qu'elle deviendra. Il se pourrait qu'elle soit en attente du Grand Réveilleur de coeur et d'esprit qui la ramènera sur le chemin des ancêtres, courageux fondateurs de ce pays ayant dès 1630 commencé à rêver de liberté et d'une séparation politique d'avec la France.

Toujours est-il que l'intrusion de l'arrogant fédéraliste Pierre Elliott Trudeau en plein coeur de la « parade » de la Saint-Jean, fête nationale du peuple des Canadiens-français dont il niait l'existence, a certainement été la cause directe du soulèvement populaire spontané du 24 juin 1968 au parc Lafontaine à Montréal, et de sa répression brutale par les autorités politiques québécoises municipales et provinciales.

Que les policiers montréalais se soient laissés entrainer dans un tourbillon de violences répressives contre des citoyens ordinaires n'est pas surprenant puisqu'ils y ont été précipités par de fausses déclarations de leurs supérieurs et d'éléments policiers subversifs venus d'autres corps de police dans le but de créer les conditions favorables à la violente répression d'une fête nationale devenue le symbole politique d'une vague de sympathie populaire entourant la recrudescence du séparatisme canadien-français cette fois dirigé contre le Canada et l'Angleterre dans le but d'accéder à l'autonomie de gouvernance culturelle, économique, et socio-politique de la Nation canadienne-française autrefois nommée la nation des Canaïens de Nouvelle-France.

Voici maintenant « TAIRE DES HOMMES » : 

Bonne semaine.



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