Chroniques

Chronique de Pierre Harel

Agence QMI

Être ou paraitre / artiste ou vedette

Être ou paraitre / artiste ou vedette

Kim KardashianPhoto Brian To/WENN.com

Comme je le faisais dire à mon ami Pierre Lebeau, alors qu'il officiait à titre de chanoine profane lors de la commémoration 2002 du show originel d'Offenbach à l'Oratoire Saint-Joseph en 1972 : « Être ou ne pas être » n'est plus la question ! Être ou paraitre, voilà la nouvelle question » ! Voici « Pauvre homme », un extrait chanté par Breen Leboeuf et moi-même lors du show de « La Commémoration », clou de la célébration du 30è anniversaire de la messe grégorienne-rock Saint-Chrone de Néant, du groupe Offenbach, à l'Oratoire Saint-Joseph de Montréal en 1972 :

C'était en 2002. Depuis bien avant je le répétais à tout venant, à toute occasion je le radotais, que dis-je, je le chantais, je le criais, je le hurlais, je le chuchotais, mais personne ne semblait m'écouter, me lire, ou même m'entendre. Nul n'a encore relevé cette assertion pourtant lumineuse qui explose maintenant mondialement en une pandémie trouvant au Québec son foyer local d'infection chez d'innombrables sites, blogues, pages d'internet, diffusant le pernicieux poison du paraitre idolâtrant des coquilles humaines vides, quoiqu'infectées d'une contagieuse insignifiance, infection pandémique ayant son foyer nord-américain aux USA, surtout chez les Kardashian et leurs ramifications.

Chaque continent, chaque pays, à sa culture particulière du vide d'existence, mais toutes ces différences ont en commun la richesse et la gloire de leurs vecteurs d'infections, richesses et gloires nées de l'admiration des couches les plus pauvres de leurs sociétés, et de la jeunesse des classes moyennes, quant à la capacité d'égaler sans trop d'efforts, du moins en apparence, de riches web-fainéants sans avoir la nécessité de géniales particularités, ni de labeurs acharnés, pas plus que d'ancestralités dorées ou d'apparences physiques naturellement séduisantes, puisque tout à un prix.

Il existe cependant une différence fondamentale entre vouloir être, ou devenir, un, ou une, artiste, et un, ou une, vedette. Certains artistes, hommes ou femmes, sont nés avec une facilité naturelle qu'ils, ou elles, se doivent de travailler et de cultiver pour la développer et la rendre transcendante. Qu'on pense à Céline Dion, à Jean-Paul Riopelle, à Michel Tremblay, à Gérald Boulet, pour ne nommer qu'eux, tous sont nés avec un talent naturel qu'ils ont amené à la perfection. Ce faisant ils sont devenus des « vedettes », bien involontairement, par la notoriété que l'expression de leur art à fait naitre. Quoiqu'il ne soit pas nécessaire d'être né avec un don particulier pour être, ou ne pas être, un, ou une, artiste puisqu'il ne s'agit pas que d'une affaire de performance mais surtout, et avant tout, d'une disposition particulière de l'âme et de l'esprit. Là où la science divise et analyse pour comprendre, l'art saisit l'ensemble.

J'ai connu de grands artistes qui étaient de bonnes personnes, altruistes, emphatiques, et généreuses. J'ai aussi connu de grandes vedettes égocentriques, égoïstes, reniant l'humilité de leurs origines pour se croire d'une humanité supérieure. Quelques-unes de celles-là possédaient un réel talent artistique dont elles ne mesuraient cependant pas la fragilité. Toutes les autres n'étaient que des fils ou des filles de l'argent, dont les riches parents payaient pour étayer la célébrité web. J'ai vu des laiderons se transformer d'apparence en séduisantes personnes, des hommes se transformer en femmes et des femmes en hommes, dans le but de créer un intérêt médiatique envers leurs personnages comme si elles, ou ils, investissaient dans une carrière suffisamment importante pour se faire charcuter et restructurer l'ossature. Malheureusement, c'était bien le cas.

En fait, et c'est bien là que ça se joue le drame du paraitre triomphant de l'être, il s'agit en effet d'une nouvelle façon de faire fortune ou, du moins, de bien gagner sa vie, que de s'exposer en permanence sur la toile et d'y rendre publics les détails de sa vie amoureuse et sexuelle. Et vive le scandale !! Plus on s'en rapproche, plus c'est payant ! De grandes vedettes ? Pas d'oeuvre ! Pas de géniale écriture ! Pas de peinture ni de sculpture ! Pas de poésie ! Pas de théâtre ! Pas de musique ! Rien ! Rien que le vide d'eux !! Vide qu'on loue en apparitions dans des parties, des bars, des réceptions, les premières, etc.

Pour ceux et celles ayant naïvement choisi le paraitre plutôt que l'être la déception est cruelle lorsque l'âge vient mettre un terme à cette stupidité contagieuse et qu'il, ou elle, se retrouve seul, ou seule, avec son immense vide. Par contre, ceux, ou celles qui ont préféré « une vie sombre à ces nuits trop éclairées et qui ont préféré la solitude aux rendez-vous des mal aimés », ceux-là sont remplis d'une belle richesse qui est celle de la vérité d'être. Voici une chanson interprétée par Marjolène Morin dont la musique est de Jean Millaire et le poème de moi : « La cruauté d'aimer ».

Bonne semaine.



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