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Chronique de Pierre Harel

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Arcand: conversation secrète

Arcand: conversation secrète

Paul ArcandPhoto Chantal Poirier

Ma belle amie m'a envoyé un lien vers La Presse Plus et l'interview récent de Paul Arcand par Patrick Lagacé, deux adeptes du journalisme d'intégrité, combattants de vérité, adversaires acharnés de la « bullshit », en autant que faire se pisse, n'est-ce pas, où l'un en cède peu à l'autre, si ce n'est que par le choix des armes et des blasons, celui-ci étant pour l'heure Roi des Ondes et celui-là Prince d'Écriture. Cet interview s'inscrivait dans le plan de marketing promotionnel d'une nouvelle émission de télévision animée par Paul Arcand à l'antenne chez TVA depuis hier soir, le dimanche 24 septembre 2017. Conversation secrète est issue d'un concept français acheté par le producteur montréalais Fair Play pour être engagé en production chez TVA. Voici le lien vers l'intégralité de cet interview :

http://plus.lapresse.ca/screens/e7dc807b-17e6-43c6-8d6e-fc5cad6d421f%7C_0.html

Je connais Paul Arcand depuis 1980, alors qu'arrivant de Saint-Hyacinthe il s'installait à Montréal, chez CKAC, au moment où je mettais en production un album éponyme titré Corbeau, et que Miss Morin, Mister Lamothe, et moi-même, entreprenions une campagne promotionnelle de mise en marché devant nous amener à rencontrer, dans un premier temps, la plupart des journalistes télés, radios, et papiers, de Montréal et de Québec Cité. C'est à ce moment que j'ai connu Paul et qu'une amitié d'appréciation mutuelle est née sans pour cela nécessiter qu'on se rencontre ailleurs et autrement que dans les studios où il travaillait, et toujours pour des raisons reliées à nos activités professionnelles respectives.

La dernière fois que je l'ai vu en personne, c'est en 2005 lors de la parution d'Harel Rock ma Vie, un auto-roman publié chez Libre Expression. Il m'avait alors reçu à son émission du matin chez 98,5 FM, Puisqu'il faut se lever, qui a fait de lui le roi des ondes radiophoniques québécoises matinales d'hier et d'aujourd'hui. Nous avions parlé de mon livre, de mes huit enfants, de mes amours complexes et compliquée, mais aussi d'un documentaire qu'il était passionnément en train de tourner et dont il n'était pas peu fier avec raison, Les voleurs d'enfance.

Ce film est un chef d'oeuvre du cinéma d'engagement social dénonçant l'inertie presque criminelle de la DPJ, Direction de la protection de la jeunesse, à l'égard des abus et des maltraitances imposés aux 25 000 enfants québécois qui en sont chaque année les victimes. Malgré la clarté et la limpidité des accusations portées par la féroce réalité de ce beau film, peu de chose ont changé à la DPJ quant à un nettoyage profond des vices de procédures lors des interventions de protection de l'enfance. L'incompétence et la stupidité y font encore des ravages.

Revenant à la mise en question du Commandeur des Templiers, Paul Arcand, par le Grand Inquisiteur Dom Patrick Lagacé, concernant l'avenir apparemment guignolesque du journalisme actuel, je crois qu'il y aurait une distinction importante à faire entre journaliste et lecteurs, ou lectrices, de nouvelles. Il n'est pas besoin de posséder toutes les vertus et les savoirs nécessaires au bon exercice journalistique pour se présenter devant une caméra et lire un bulletin de nouvelles.

Ce dont les étudiants et les étudiantes en communication parlent c'est essentiellement de rejoindre le merveilleux monde du vedettariat et de s'y vautrer dans une stupidité sans borne. Ces jeunes gens ne souhaitent pas devenir journalistes, pas plus que d'autres jeunes étudiants, étudiantes, des écoles de théâtre ne souhaitent devenir de véritables artistes dramaturges. Encore là, point n'est besoin de se taper trois ou quatre ans d'études ardues en théâtre pour devenir animateurs ou présentateurs commerciaux.

Je suggère donc simplement de séparer le journalisme de la présentation télé ou radiophonique de nouvelles, et de rattacher cette spécialité à des écoles de théâtre afin d'en faire un champ d'acquisition de compétences pratiques pouvant être complété en une année scolaire. Les admirateurs des Kardashian, Jenner, et autres coquilles vides, mais célèbres, pourront alors s'essayer à obtenir un diplôme certifiant leurs aptitudes à prendre la pose parfaite tout en lisant un fil de nouvelles au téléprompteur, ce qui désengorgerait considérablement la première année du baccalauréat en journalisme, n'est-ce pas ?

Bonne semaine à tous et toutes, et mes amitiés à Paul Arcand.



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