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Chronique de Pierre Harel

Pierre Harel
Canoë

Chronique 360e: Céline, la magnifique

Chronique 360e: Céline, la magnifique

Photo AFP

Pierre Harel

Dernière mise à jour: 28-08-2017 | 20h09

Nous sommes déjà en automne. Ici, à Québec Cité, on le sent bien et c'est indubitable. Soleil de plomb en après-midi et matins frisquets-givrés. Ce qui, il y a quelque temps, se produisait surtout vers le début d'octobre est monnaie courante depuis presque la mi-août mais personne ne s'en plaint. On peut toujours se bronzer au lunch le midi et dormir profondément sous la fraîcheur nocturne. Les joggeurs matinaux ne transpirent plus et ceux du soir enfilent la petite laine. Dès la tombée du jour la bonne et relaxante odeur des fumées de foyers s'étiole sur les toits appelant au calme et à la détente.

C'est la valse des saisons dont le tempo semble s'accélérer depuis une bonne quarantaine d'années, et ça n'est pas dû qu'au réchauffement planétaire d'origines polluantes ! Il se pourrait bien que ce soit surtout causé par l'orbite emprunté par la Terre autour du Soleil, peut-être entrée dans un cycle d'élargissements correspondant à ceux prévalant tous les onze mille ans et conduisant aux périodes de glaciations dont la dernière s'est terminée il y a justement 11,000 ans. Tiens donc !

Quoiqu'il en soit, je ressens un réel plaisir à voir les photos internet de Céline Dion depuis quelques semaines. Son séjour à Paris aura mis un terme à un veuvage honorablement complété. Ce qui me réjouis particulièrement c'est de suivre, presque au jour le jour sur la toile, la révolution audacieuse de son apparence et l'embellissement de son visage enfin apaisé, détendu, d'une douce et belle féminité de plus en plus agréable à contempler. Ce qu'il y a de plus beau à tous ces changements, c'est qu'ils arrivent de l'intérieur, de son âme, de son coeur battant aussi pour elle maintenant.

Cette femme admirable commence à vivre pour elle-même, sans la crainte paralysante de trahir ceux qu'elle aime, ses enfants, sa famille, le souvenir précieux d'un mari qu'elle aimait tant. Elle se donne enfin le droit d'exister ! Elle fait ses premiers pas dans la confiance d'une véritable et honnête estime de soi, et c'est magnifique de la voir se développer comme une chrysalide émergeant de son enveloppe rigide en un merveilleux papillon d'une infinie délicatesse.

Évidemment, ces changements ne peuvent plaire à tout le monde ! Surtout pas à ceux cherchant à figer leurs entourages par crainte d'avoir à se refaire une idée sur leurs amis, leurs amours, leurs enfants, leurs familles, leurs artistes favoris ou ceux et celles qu'ils n'aiment pas. Paresse émotionnelle ? Résistance aux changements ? Égoïsme ? Peur de l'inconnu ? Frustrations diverses ? Jalousie ? Un peu de tous ces ingrédients conduisant nombre de personnes ordinaires et nombre d'artistes à devenir prisonniers et prisonnières de l'idée que la populace se fait d'eux et de leur image jusqu'à l'étouffement.

Je crois sincèrement que le plus beau cadeau que l'on puisse faire à ceux qu'on aime est celui de notre joie de vivre, et d'une beauté prisonnière qu'on arrive à libérer dans le respect de notre véritable personnalité souvent enfouie sous les vicissitudes de la vie, ou d'obligations familiales ou professionnelles. Ça prend du courage pour y arriver et quelques fois, par chance immense tenant presque du miracle, un coup de pouce de l'amour, inespéré, inattendu. Tiens ! Ça me fait penser au roman de ce merveilleux humain qu'était Réjean Ducharme. Qu'il repose en paix.

Bonne semaine!



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