Chroniques

Chronique de Pierre Harel

Pierre Harel
Canoë

En mémoire du bon vieux rock'n'roll

En mémoire du bon vieux rock'n'roll

Photo Mike Coppola / AFP

Pierre Harel

Samedi de rien aujourd'hui! L'hiver qui ne veut pas lâcher prise redouble de froidure et, comme si ce n'était pas assez, envoie sa cavalerie éolienne pour nous geler d'aplomb! Mais ce n'est qu'une vaine tentative pour nous ennuyer d'un rhume de fin de saison puisque dès mardi, jour de parution de cette 336e chronique, la température extérieure sera remontée au-dessus de zéro pour redescendre quelques jours plus tard sous zéro, et ainsi de suite jusqu'en avril qui pourrait bien cette année faire froidement valoir l'adage: «En avril ne te découvre pas d'un fil».

Toujours est-il, pour reprendre cette expression populaire d'autrefois, que les productions nouvelles de l'année 2017 me semblent ressembler aux années précédentes quant au manque d'originalité de l'accompagnement musical comme de l'interprétation. C'est à croire que le genre d'accompagnement musical surchargé est devenu la référence et que la plupart des interprètes, comme des arrangeurs, s'efforcent d'y ressembler. Prenons cette intéressante Andréanne A. Mallette qui semblait s'engager sur une voie un peu plus originale. Ben non! Elle a repris les rangs du conformisme, du moins à ce qu'en dit le premier extrait, Fou, de son nouvel album dont je ne trouve le titre nulle part à moins que ce soit un éponyme. La chanson n'est pas mauvaise, les textes sont excellents sur des effluves mélodiques ressemblant à ce que fait Karim Ouellet, avec à l'accompagnement musical et au rythme des ressemblances aux guitares maritimes d'Hugues Aufray. Ce qui ne date pas d'hier.

Voici tout ce que j'ai pu trouver de la chanson Fou sans avoir à débourser pour acheter la chanson chez iTunes ou chez Archambault. Je n'ai vraiment pas les moyens d'investir une part de mes émoluments aux fins d'écrire ces chroniques et d'en agrémenter le contenu de vidéos. Voilà donc d'Andréanne A. Malette, Fou:

Juste pour le plaisir de comparer des titres identiques traités différemment, voici Fou de Corbeau, chanté par Marjolène Morin il y a déjà plus d'une trentaine d'années. Le Québec est-il en voie de rétrograder culturellement? À vous de répondre après avoir vu et entendu cet extrait d'un enregistrement «live» de l'émission L'envers du décor:

Dans cette veine, j'aime beaucoup certaines productions minimalistes internationales qu'on voit apparaitre sur l'internet avec peu d'orchestrations et souvent enregistrées «live» en une seule prise comme autrefois pour augmenter l'effet de temps réel et l'intensité de l'interprétation vocale, comme par exemple Feel the Love d'Ella Eyre :

J'ai tellement hâte d'entendre une autre chanteuse québécoise que Marjo nous offrir ce genre d'interprétation de chansons écrites, composées, et jouées en direct par des poètes et musiciens québécois pour qu'on sente enfin la gamme des émotions sous-jacentes actuellement étouffées par l'excès d'orchestrations et les mixages tellement touffus qu'on manque l'essentiel. Pour sa part, Patrice Michaud est déjà rendu-là et pour ça je lui offre des excuses, même petites, quant à une précédente chronique où je disais ne pas aimer ses textes récents. J'ai depuis découvert qu'il en a d'excellents datant de quelques années du temps où il n'était pas encore devenu une vedette passant beaucoup de son temps à sillonner les routes du Québec pour livrer ses spectacles et signer des autographes, mais à écrire chez lui tranquille. Il y reviendra!

Quant à moi, je préfère le rock'n'roll et ses dérivés, et je ne crois pas être le seul tous continents confondus. Il est regrettable que le jansénisme soit encore bien vivant au Québec comme la pudibonderie et l'élevage de punaises de sacristies qui s'acharnent à subventionner et à financer n'importe quoi sauf le rock'n'roll. Pourtant ce genre remplit les salles de bars et les petits bouges à chaque fin de semaine partout au Québec, alors que les gros amphithéâtres, les maisons de la culture, et autres boites à chansons, sont occupés par des étrangers qu'ils soient d'ailleurs ou du Québec, Québécois et Québécoises étrangers à la culture d'une majorité de leurs compatriotes.

Voici donc une préférence musicale me représentant comme l'homme de cette génération canadienne-française de «bad boys» adorés des femmes, amis des hommes, alors que nous jouions, chantions, et vivions un véritable et brûlant rock'n'roll. Aujourd'hui tout est commercialement rock et ça ne veut plus rien dire, surtout depuis la célèbre chanson de Luc Plamondon: Cœur de rocker.

Voilà donc AC/DC et Bad Boy Boogie:

Bonne semaine.



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