Chroniques

Chronique de Pierre Harel

Pierre Harel
Canoë

Offenbach vs Ofenbach: Au voleur! Au voleur!

Offenbach vs Ofenbach: Au voleur! Au voleur!

Le duo français Ofenbach.Photo Facebook

Pierre Harel

Bin oui! Arsène Lupin était Français! Il se pourrait que le plus grand des voleurs ait eu des descendants aussi filous que lui, mais qui, cette fois, commettent leurs larcins au vu et au su de tout le monde. Mais! Qu'en est-il? Qui sont ces malfrats irrespectueux de toutes les conventions de droits d'auteur? Qui sont ces larrons ayant osé s'emparer sans vergogne du nom Offenbach? Qui sont ces voyous croyant que le retrait d'une lettre pouvait les exonérer de tout soupçon? Mais oui! Mais oui! Le retrait d'une lettre «f» à Offenbach pour en faire Ofenbach! Mais qu'est-ce que cette histoire-là?

La semaine dernière, un ami Facebook, Rémi Riverin, m'envoyait en message privé la vidéo du clip d'une chanson d'un nouveau groupe français faisant actuellement un malheur en Europe. Je clique sur l'image et je tombe sur une surprise de taille lorsque je réalise qu'il s'agit d'un band de deux gars se présentant comme: «We are Ofenbach». Ah bin bout d'viarge! Faut avoir du culot! Curieux quand même, je reclique et retombe sur ce pop bassement commercial en anglais:

Vous avez vu! Vous avez entendu! Alors pour bien vous donner l'heure juste quant à l'ampleur du désastre causé par ce duo d'insignifiants servant de l'insignifiante insignifiance aux Européens, voilà un autre clip où on les voit plus clairement à l'œuvre. Désolation totale! Malheureusement pour nous, ils sont devenus les poulains d'une énorme multinationale de production et de distribution de chansons et de musiques en tous genres. Nous n'avons pas les moyens financiers de contester outre-mer. Voici, toujours en anglais:

Comment voulez-vous, maintenant, que le vrai groupe Offenbach puisse réitérer sa présence européenne de 1973-75 puisque même s'il manque un «f», les usurpateurs du groupe postiche Ofenbach sont en processus de polluer outre-Atlantique le nom et la marque de commerce du groupe original Offenbach, toujours en activité, dont Messieurs John McGale et Johnny Gravel sont respectivement président et vice-président de l'incorporation éponyme, et dont la page Facebook SOS R'N'R est le reflet très documenté de l'historique depuis la fondation en 1971.

Il semble que notre gouvernement, libéral pour l'instant, soit tout à fait désintéressé de l'importance qu'a eu le groupe Offenbach dans l'évolution de la société québécoise depuis son accompagnement de la Révolution tranquille sous l'égide du gouvernement libéral de Jean Lesage, et par la suite sous la gouverne péquiste d'un transfuge libéral, René Lévesque. La SODEC, Société de développement des entreprises culturelles, a récemment fait la sourde oreille à notre demande de financement d'une 2e commémoration de la Messe des morts grégorienne de 1972 à l'oratoire Saint-Joseph de Montréal. Cette commémoration devait célébrer le 45e anniversaire du premier événement, ayant été célébré en 2002 pour un 30e anniversaire, nous ayant mérité le prix Gémeaux du Variété de l'année à la suite d'une télédiffusion en direct chez Télé-Québec. Voici Memento, chanté par Breen Leboeuf:

Voici un autre extrait du même spectacle de 2002 à l'oratoire Saint-Joseph de Montréal, télédiffusé en direct à Télé-Québec, Ne Me Perdas Illa Diae, chanté par moi-même:

Voilà Offenbach!! Voilà ce groupe mythique fleuron de la musique populaire au Québec! Que fait le ministère de la Culture et des Communications pour nous aider à protéger notre «branding» et notre réputation? RIEN!! RIEN ET MOINS QUE RIEN!! Pour ajouter le «soufflet à l'insulte», voilà que cette SODEC refuse le projet d'un documentaire sur les quatre fondateurs survivants de ce groupe qui aurait conduit à les observer au montage du 45e anniversaire de l'événement de 1972. Rencontre fraternelle, s'il en est une, qui n'a son équivalent nulle part sur la planète. Nous sommes une vingtaine de poètes paroliers, parolières, et de musiciens, à être passé chez Offenbach depuis sa fondation en 1971. Nous étions tous prêts à nous embarquer pour un dernier voyage à bord de notre grand voilier pour revisiter ce continent perdu qu'est celui de la poésie rock en espérant que ceux d'entre nous déjà vieux, ne rendent pas l'âme avant d'être arrivés à bon port.

C'était un beau projet! Les Hurons-Wendat avaient accepté d'y participer d'un de leurs cantiques en langue wendat, chanté par une petite chorale de femmes et de fillettes, entourant idéalement Mme Céline Dion, toutes en costumes traditionnels. Nous espérions la présence de Mme Diane Dufresne et de M. Marc Hervieux à l'interprétation de pièces grégoriennes. Enfin, nous avions convenu avec M. le curé de l'église Saint-Roch, où devait se tenir cette ultime commémoration, ainsi qu'avec M. Gilles Kègle, de la Fondation Gilles Kègle, que les profits du spectacle iraient à leur fondation respective puisque cette année verra le 100e anniversaire de la construction de cette magnifique église de la Basse-Ville de Québec Cité.

Voici donc, pour résumer le fond de notre pensée, et ce que nous ressentons à voir un groupe français s'emparer de notre nom, une chanson longtemps chantée par notre porte-étendard, feu Gérald Gerry Boulet, hymne que nous adressons aux décideurs culturels québécois qui, nous le savons bien, ne lèveront pas l'ombre du petit doigt pour nous aider à préserver notre patrimoine qui est aussi celui de centaines de milliers de Québécois et de Québécoises en nous permettant de rayonner une dernière fois. Voici donc, chantée par notre Gerry national, Ayoye:

Bonne semaine.



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