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Chronique de Pierre Harel

Pierre Harel
Canoë

Deux artistes québécois à voir aux FrancoFolies

Deux artistes québécois à voir aux FrancoFolies

Émile Proulx-Cloutier (à gauche) ainsi que le groupe Galaxie et son chanteur Olivier Langevin (à gauche) feront entendre leurs oeuvres lors des FrancoFolies, en juin, à Montréal.Photos Pascale Lévesque et Martin Alarie / Agence QMI

Pierre Harel

En 1983, je squattais rue Prince-Arthur à Montréal chez de généreuses et pétillantes amies, Suzanne Bouilly et Diane Raymond. L’une cinéaste, l’autre poétesse. Deux grandes fenêtres donnaient sur la rue en face du logement de l’homme de théâtre Raymond Cloutier et de sa compagne Danièle Proulx qu’on peut voir jouer le personnage d’Henriette dans Unité 9. À l’époque, j’avais déjà quitté Corbeau et j’étais sans le sou, découragé de me faire régulièrement foutre à la porte par la conteuse et linguiste autochtone Joséphine Bacon qui en avait la désagréable habitude.

Toujours est-il qu’un matin, sirotant un café devant la baie vitrée pleine de soleil, je vois Monsieur Cloutier descendre de sa bagnole pour en ouvrir délicatement la portière arrière. Madame Proulx en sort lentement, pour tout de suite entrer rapidement dans un logement situé au niveau de la rue. Il faisait quand même assez frisquet et à ce que je vis, elle tenait un petit bébé enmitoufflé dans ses bras. Au cours des jours qui suivirent, les choses déboulèrent pour moi et je quittai mes belles amies pour aller chasser et trapper dans le Parc de Chibougamau avec Armand Matesesho. Je ne revins pas rue Prince-Arthur.

Un artiste complet

À l’automne 2014, j’étais l’un des juges au Festival du film fantastique de Québec, Vitesse Lumière. Au programme, entre autres, un court-métrage fulgurant de talent et d’intelligence, Mémorable moi, mettant en vedette un acteur tellement brillant et doué que j’en fus renversé. Il me faisait penser à Marlon Brando touché de Johnny Depp. À la fin du visionnement, j’appris avec surprise qu’il s’agissait d’Émile Proulx-Cloutier, l’enfant de mon vieil ami Raymond Cloutier et de la belle Danièle Proulx. Comme le temps passe vite!

Ce jeune homme n’a pas qu’une corde à son arc et qu’une flèche dans son carquois! Émile Proulx-Cloutier est aussi un auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste de talent qui a inventé et joué un album de chansons plutôt tristes qu’il chante en s’accompagnant génialement au piano: Aimer les monstres. Émile Proulx-Cloutier est un poète tous azimuts, un artiste complet qui semble enflammer ce qu’il touche. Il sera des FrancoFolies 2015 et brûlera les planches du Gesù le 13 juin à 20h30.

Une fierté québécoise

D’autre part, le groupe Galaxie, du génial guitariste et compositeur Olivier Langevin, serait-il apparenté au célèbre poète Gilbert Langevin de Saint-Prime que je n’en serais pas surpris, sera au Club Soda de mon ami Michel Sabourin le 18 juin à 19 heures, dans le cadre des FrancoFolies 2015. Ils y interpréteront des chansons tirées de leur précédent album Tigre et Diézel paru en 2011, et de leur nouveauté intitulée Zulu, dont le lancement se fera le 24 février au théâtre La Tulipe à Montréal. Le 16 janvier 2013, Canoe.ca publiait l’une de mes chroniques portant sur Galaxie, que vous trouverez sous «Toutes les chroniques» au bas de cette page d’accueil ou de la page Divertissement.

J’ai entendu quelques extraits de l’album Zulu et ce que je pensais de ce groupe incroyable n’a aucunement changé. C’est tout simplement exaltant! Écoutez! Je suis presque né aux origines du rock’n’roll nord-américain! Je suis presque aussi vieux que Gerry Lee Lewis et Elvis Presley! J’adore le rock’n’roll que soit-il et qu’ainsi soit-il. Mais chez Galaxie, c’est le renouveau total! Et ça n’est pas de l’alternatif. C’est du rock nouveau, hypermoderne, d’une sophistication éclatante de surprises dans des changements d’accords qui demeurent malgré tout rock à nous en faire frissonner de plaisir. Terriblement efficace!

Écoutable au salon, dansable sur piste, le rock’n’roll d’intelligence de Galaxie est pour moi une fierté québécoise à laquelle il ne manque rien ou presque rien. Sans doute un super studio d’enregistrement piloté par un super ingénieur qui saurait mixer ces merveilles pour nous permettre de comprendre le sens des paroles du chanteur et des choristes. Comme c’est là, on pourrait croire entendre de l’anglais tellement la voix est noyée dans un merveilleux ouragan musical. Ça n’enlève rien à la beauté sonore de l’ensemble, mais ça m’irrite un peu de ne pas comprendre ce que chante Langevin le Jeannois...

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