CHRONIQUE DE PIERRE HARELNoël NoëlCanoe.ca
26-12-2012 | 04h00
Bien au chaud dans notre petit logis d'un immeuble vétuste de Limoilou, aux limites de Beauport, ne sachant pas de qui remplir cette chronique hebdomadaire, je regarde tomber lourdement les flocons de neige qui blanchissent lentement le paysage urbain sympathique, de Québec Cité. Nous sommes le lendemain de Noël, n'est-ce pas? Jour monotone entre tous alors que chrétiens et simples fêtards se reposent des excès de table et de boissons de la veille, en regrettant déjà tout cet argent envolé en scintillantes vétilles sur la foi d'une naissance mystérieuse, il y a quelque deux milliers d'années. Quoi qu'il en soit, Jésus de Nazareth est aussi venu nous apprendre à vivre en société civile capable d'accepter l'immigration, le multiculturalisme et l'accomodement raisonnable. Joyeux Noël! Nous autres, petits pauvres Limoilouins, n'avons pas connu l'exagération festive! Oh que non! Couchés tôt, levés tôt! Natasha travaillait à Noël dans son «Jardin de Noblesse», résidence de personnes agées, à être le petit ange de tous ces petits vieux qui l'adorent. Lou a joué au PlayStation et au XBox avec des amis au loin. Moi, je l'ai attendue en imaginant Jingle Bell chantée par Johnny Cash. J'aime beaucoup Johnny Cash. En fait, Natasha est ma «June Carter» à moi. Si je refaisais un spectacle, un soir, j'y mettrais au moins une chanson de Johnny Cash avec sa femme June Carter. Tiens! Mais oui! À la fin de l'été passé, j'ai composé et joué une musique sur un poème de Natasha. Ça fait que! Installés à notre balcon du 2e, il m'arrivait souvent de jouer de la guitare et d'improviser des mélodies. Natasha tenait alors un cellullaire et captait en vidéo. Parle-parle, jase-jase, v'l'à-t'y pas qu'elle me confie écrire des paroles de chansons, qu'elle chantait dans les hôtels de campagne dès l'âge de 6 ans, qu'elle avait déjà été basswoman et chanteuse d'un band de gars et surtout, qu'elle avait tout mis de côté pour élever seule ses deux bébés, dans la vingtaine aujourd'hui. Harel! Attaque! Attaque-toi à l'injustice! Cette femme mérite ton dévouement! Pour la première fois de ta vie, accompagne quelqu'un à la guitare! Sois musicien! Tant d'autres l'ont été pour toi! Allez! Joue! Au bout de quelques semaines d'insistance de ma part, Natasha accepte de me montrer l'un de ses poèmes. Aussitôt je ramasse ma guitare et trouve une mélodie à son poème malgré qu'elle m'ait dit qu'il y en avait déjà une. Oups! Plusieurs jours plus tard, elle accepte de chanter la mienne de mélodie. Depuis ce jour d'octobre, nous l'avons répétée une douzaine de fois cette chanson. Je la trouve très belle, d'une structure simple mais parfaite. Peut-être qu'un beau soir, nous la chanterons ensemble. La voici:
Emmène-moi dans tes rêves
Fais tomber mes barrières
Sors-moi de mon univers
Un aller sans retour
Refais de moi celle Pour qu'enfin j'me laisse aimer |