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Chronique de Pierre Harel - Quoi? Qui?

CHRONIQUE DE PIERRE HAREL

Quoi? Qui?

Canoe.ca
14-11-2012 | 11h22

Depuis que nous sommes arrivés à Québec, mon fils et moi, nous écoutons chaque matin dans notre véhicule en direction de l'un ou l'autre aréna une radio populaire de Québec, équivalente à celle que nous écoutions à Montréal. Mêmes chansons que depuis au moins une année. Toutes anglophones! Cependant, sur le chemin du retour, l'après-midi, il nous arrive d'entendre des chansons purement québécoises, en langue québécoise, déployant une maîtrise du «phrasé» et de la mélodie qui n'a rien a envier aux gros «hits» internationaux anglophones ou francophones. En effet, ces temps-ci, les Marocains et les Algériens produisent des chansons à la facture rythmique hyper-soignée, aux effets intelligents et aux mélodies accrocheuses.

Toujours est-il qu'ennuyés d'entendre les sempiternelles chansons des mêmes «majors», il nous arrive de syntoniser d'autres postes et d'y entendre, oh joie, des titres québécois originaux d'une pléthore d'artistes québécois inconnus à Montréal. Entendons-nous bien! Pas deux ou trois! Des dizaines! Certains sont réjouissants d'intelligence, d'autres assez moches merci, mais dans l'ensemble suffisamment intéressants pour qu'on se donne la peine d'écouter jusqu'au bout.

Un bonze du Conseil des arts et des lettres du Québec me disait l'été dernier que «la chanson allait mal au Québec». Ooooh que non! Que non! Que non! C'est pas la chanson qui va mal au Québec! C'est la diffusion! Les postes de radio à fréquences modulées (fm) sont sous l'emprise totale des multinationales qui contingentent les diffusions en achetant à gros prix des blocs de temps longtemps à l'avance. C'est pire à Montréal où les stations radiophoniques marginales ou indépendantes n'existent à peu près pas, alors qu'à Québec Cité, il y en a plusieurs qui, heureusement pour l'identité québécoise, ne se gênent pas pour diffuser dans la langue naturelle aux Québécois.

Mais! Il y a un gros problème! Un manque de taille à la popularisation du contenu radiophonique chansonnier de tous genres: rock, ballade, contrée, chansonnette songée ou pas, etc. Et ça vaut pour les «majors» qui se fient sur le «star system» pour que les auditeurs puissent connaître le titre des chansons diffusées et le nom des interprètes, groupes ou individus. Il n'y a pas si longtemps, lorsque nous entendions une chanson à la radio, les animateurs se donnaient la peine de nommer. Maintenant que tout est numérisé, les animateurs se donnent rarement la peine d'identifier ce qui va être ou ce qui vient d'être entendu.

Non mais quelle impolitesse! Quel je-m'en-foutisme! Quel manque de respect pour tout le monde! Juste cette semaine, j'ai entendu une chanson magnifique de nordicité américaine, superbe de québécitude rurale, étonnante de sophistication campagnarde. J'aurais voulu savoir qui la chantait avec tant de justesse! J'aurais voulu en connaître le titre! Peine perdue! Comment pourrais-je la retrouver sur Zik.ca ou sur YouTube? Une chanteuse du Québec qui «pédale par en arrière»! C'est tout ce que je sais. S'il faut aider la création et la diffusion de productions québécoises, il faudrait obliger les diffuseurs à identifier l'oeuvre et l'artiste. Ce serait la moindre des choses pour qu'on s'y retrouve...

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