Anne Bourgoin
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«L'écriture, c'est un peu se mettre à nu» - Sylvie Drapeau

«L'écriture, c'est un peu se mettre à nu» - Sylvie Drapeau

Photo d'archives

Anne Bourgoin

Dernière mise à jour: 03-04-2017 | 00h30

Alors qu'elle vient de jouer dans La ­cantatrice chauve de Ionesco et qu'elle se glisse tout juste dans les habits de Frosine dans L'avare de Molière, Sylvie Drapeau sort son second roman, Le ciel. Passionnée des mots, elle nous offre une oeuvre d'une grande douceur, une lettre d'amour à une mère.

Sylvie, Le ciel sort deux ans après Le ­fleuve, votre premier roman...

Oui. Ce sont deux livres autonomes, mais c'est encore ma narratrice, aujourd'hui âgée de 20 ans, qui parle. Au départ, j'ai écrit Le fleuve en pensant faire quatre chapitres assez denses. C'était un peu ­ambitieux! (rires) J'ai préféré faire un premier livre plus travaillé. J'ai réécrit ce premier chapitre pendant deux ans. Ce sont tous les deux des poids plumes! (rires) Mais mon but est de faire une ­tétralogie. Les deux autres s'en viennent.


Comment l'écriture est-elle venue à vous?

J'ai toujours su qu'un jour j'écrirais sur la noyade de mon frère et sur le choc d'avoir été obligée de lui faire mes adieux... Ça m'a demandé du courage. L'écriture, c'est un peu se mettre à nu. Mais ce n'est pas autobiographique pour autant. Certains souvenirs, les émotions ressenties sont là, mais j'ai aussi greffé beaucoup d'autres choses. Par exemple, dans le premier ­roman, on suit la meute des enfants alors que la narratrice a cinq ans. On découvre et on côtoie beaucoup cette fratrie qui ­ressemble à la mienne, mais les liens qui les unissent, je les ai inventés afin de ­donner des mots à une petite fille qui n'en avait pas beaucoup. Par contre, Le ciel est consacré à la mère et à la découverte amoureuse.


Que vouliez-vous explorer dans celui-ci?

Je voulais parler des troubles de la jeunesse. C'est troublant d'avoir 20 ans! [...] Mon personnage se cherche, tente de forger sa personnalité, mais il cherche aussi à faire la paix avec la place que sa mère occupe dans sa vie. C'est à l'approche de la mort de sa mère que la narratrice découvre une autre femme. ­Elle en veut à sa mère qui l'a laissée ­déboussolée à sa mort et qui l'a forcée ­ainsi à grandir plus vite. C'est le moment où elle apprend qu'il faut accepter les autres comme ils sont. Les gens font ce qu'ils peuvent. C'est un ­festival d'humilité quand on devient ­maman. On est loin d'être parfaite.


Que souhaitez-vous que vos lecteurs ­retirent de cette lecture?

J'espère leur donner envie d'aimer l'imperfection et d'accepter l'amour des autres tel qu'il est, sans attentes. Les gens aiment «à leur mesure», et c'est ce qui est beau. Il faut leur en être reconnaissant.


Le ciel est en librairie. On pourra voir Sylvie Drapeau jusqu'au 8 avril dans L'avare au Théâtre Denise-Pelletier.



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