Antoine Aubert
Canoë

L'écrivain public: un beau roman sur les illettrés

 L'écrivain public : un beau roman sur les illettrés

Le roman de Michel Duchesne met en lumière des problèmes sociaux souvent tus.Photo Fotolia

Antoine Aubert

Ça parle de quoi?

Quitté par sa blonde, sans travail et pas fier de piquer quelques cents dans la tirelire de sa fille, Mathieu est ce qu'on appelle un «loser». Après avoir décroché presque par miracle un nouveau travail, il devient le seul écrivain public de Montréal et surtout une aide inestimable pour tous les délaissés sociaux incapables de lire ou/et d'écrire correctement.

Qui est l'auteur?

Michel Duchesne a été lui-même écrivain public pendant deux ans au sein de l'organisme Le Tour de lire, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Son expérience a donné vie à ce premier roman, mais aussi à une websérie du même nom diffusée sur TV5. Il est également l'auteur de plusieurs pièces de théâtre.

Pourquoi on aime?

Certains romans ressemblent à des caméras qui montrent mieux que n'importe quel reportage les réalités d'une société. L'écrivain public fait partie de ceux-là en abordant l'itinérance et par là même la solitude, l'illettrisme, l'austérité économique et l'égoïsme social. Michel Duchesne frappe juste dans ses petites histoires du quotidien, réveille chez son lecteur une certaine révolte devant une situation catastrophique.

Néanmoins, il ne s'agit pas d'un livre pesant et déprimant. Son auteur sait manier l'humour dans les dialogues et la description de ses personnages. On s'attache vite à la femme-enfant Jojo, au jeune rebelle en amour Pete ou à Conrad, chauffeur de triporteur tout de jaune vêtu. La tendresse et la sincérité qui se dégagent font dévorer ce roman jusqu'à la dernière page.

Une citation

«La plupart avaient le regard perdu, fixant un malheur lointain, mais ça et là quelques amis rigolaient, apportant un peu de joie à l'ensemble. Le milieu communautaire avait l'habitude des sous-sols d'église, un refuge dans le refuge, avec le bon Dieu pas loin pour aider au cas où on croirait encore en lui. Je n'avais pas de bonnes relations avec le monde En Haut, c'était avec le vrai monde qu'il fallait que je renoue.» (p. 20)

L'écrivain public
Michel Duchesne
Leméac
224 pages
Parution le 7 septembre



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