Marie-France Bornais
Journal de Québec

Marc-André Pilon prend sa revanche

 La revanche du myope - Marc-André Pilon prend sa revanche

Marie-France Bornais

Dernière mise à jour: 04-09-2013 | 10h28

QUÉBEC - Ancien «nerd» devenu professeur de français au secondaire, batteur d’un groupe punk-rock à succès et maintenant auteur, Marc-André Pilon signe La revanche du myope, un premier roman accrocheur et plein d’humour.

La revanche du myope raconte l’histoire rocambolesque de Marc-Antoine Gravel-Laroche, 13 ans, LE nerd de l’école, le rejet et souffre-douleur officiel de Yannick Brisebois-Taillefer. «Celui qui a de bonnes notes mais qui, en plus, possède la tête de l’emploi», peut-on apprendre dès les premières pages.

Ses lunettes gigantesques, sa coupe champignon et son appareil dentaire pour cheval qui n’a pas encore fait son effet ne lui donnent pas beaucoup d’attributs pour séduire la belle M.-P., mais ne l’empêchent pas d’enquêter sur la disparition de Madame Maheu, la prof de sciences «ultra canon». Marc-André Pilon sait de quoi il en retourne d’être ostracisé puisqu’il a été victime d’intimidation et en arrachait avec les filles. Il n’a jamais été témoin du kidnapping d’une enseignante mais a joué plus souvent qu’à son tour la cloche de service.

«J’étais le rejet de la classe performante. C’était vraiment le fond du baril», partage-t-il en entrevue téléphonique. Certaines anecdotes cruelles du livre — dont le faux poème d’amour et le petit bec traître — lui sont arrivées pour vrai.

«Quand j’étais jeune, j’avais été marginalisé en raison de mon apparence de nerd typique. Je me disais que dans la vie, le summum c’est d’être comme tout le monde. J’ai travaillé bien fort pour y parvenir en me procurant des verres de contact, une casquette des White Sox et un t-shirt de Pantera.»

«En secondaire 3, je me fondais pas mal dans la masse et j’ai réussi à avoir mes premières blondes. Mais en secondaire 4 je trouvais que c’était vraiment plate d’être comme tout le monde et j’ai décidé de me remarginaliser mais selon mes standards. Je me promenais avec un chapeau melon rouge, des bretelles jaunes avec des étoiles et des bottes jusqu’aux genoux. J’étais le look clown de l’école.»

Son nouveau look n’a pas plu à un groupe de rockers pouilleux à vestes de cuir et cheveux gras. «Ils me suivaient pas mal partout pour me tirer des cennes noires, me pousser ou mettre des cochonneries sur mon casier. Ce qu’ils n’aimaient vraiment pas, c’était que mon chapeau melon était rouge. Ils étaient comme des taureaux devant la couleur rouge et me traitaient d’ostie de tapette... le fait que j’aie une blonde n’avait pas l’air de leur effleurer l’esprit.» Il s’est même fait tabasser par eux au retour d’un show de Grimskunk.

 

Les Ordures Ioniques

 

Marc-André a quand même fait son chemin. En plus de devenir enseignant, il a joué de la batterie dans le groupe punk-rock Les Ordures Ioniques. «On a fait deux albums, une tournée en France, les Francofolies et deux vidéo-clips. On a fait le Numéro Un à COOL-FM avec une de nos chansons.»

Marc-André voit maintenant toutes ces expériences difficiles d’une manière positive. «Ça m’a permis de voir les côtés sombres de l’être humain et de voir à quel point les gens peuvent te juger en fonction de ton apparence. Ça me rend plus conscient de certains trucs. Dans une école, être apprécié des 33 personnes qui sont devant toi c’est quand même une job et je réussis vraiment à être apprécié de la quasi-totalité.»

L’écriture du roman s’est faite après qu’il ait proposé, il y a deux ans, à ses élèves de cinquième secondaire à la Cité des Jeunes d’écrire un début de roman pour un projet. Les jeunes se sont arrêtés aux 1500 mots prescrits mais Marc-André en a fait 42 000 pour réaliser un vieux rêve d’écriture.

«J’avais peut-être un vide artistique à combler... J’avais envie de revisiter le moment où j’étais ado, où la chenille est devenue papillon... Ça a vraiment bien été une fois que j’ai suivi mes propres conseils, c’est-à-dire faire mon schéma narratif et penser à mes destinataires. La seule façon de réussir c’est d’avoir la discipline et la rigueur de suivre la recette.»

Ses élèves ont participé au projet en l’aidant à choisir les éléments de la page couverture. «Ils ont presque tous acheté le roman et le finissent en une journée tandis que moi, j’ai mis six mois à l’écrire!»



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