«Le livre à réponse à tout» - René Bonenfant

Salon du livre de Montréal - «Le livre à réponse à tout» - René Bonenfant

Benoît Aubin

Dernière mise à jour: 11-11-2010 | 17h39

Les futurologues des années 1960 prédisaient, sérieusement que l’avènement des nouvelles technologies de communication allait sonner le glas du livre et de l’imprimé. Ha!

Si Marshall McLuhan, le grand visionnaire de cette époque, pouvait revenir et visiter le Salon du livre de Montréal, qui débute mercredi, il voudrait peut-être se mettre un sac de papier brun sur la tête.

Cette grand-messe annuelle de l’édition, du livre et de la lecture, qui en est à sa 33e saison cet automne, fait, en tous points, la démonstration de la croissance spectaculaire de l’industrie du livre ces dernières décennies.

Dans l’antre caverneux de la Place Bonaventure, des dizaines de milliers de pèlerins se pilent sur les pieds matin, midi et soir, dans cette Mecque du livre: 950 stands, où quelques milliers d’éditeurs présentent au bas mot 150 000 titres différents, en français, et, pour la majorité, de parution récente.

Non seulement le livre n’est pas mort, mais les gens sont prêts à payer un droit d’entrée pour aller voir… des livres!

S’ADAPTER AUX CHANGEMENTS

Pourtant, Marshall McLuhan avait vu juste sur un point central: le médium, c’est le message. Les moyens de communication ont une influence directe sur nos façons de penser, soit nos façons d’obtenir et de gérer de l’information. (Par exemple, la meilleure façon de connaître tous les participants et toutes les activités reliés au Salon est de consulter le site internet).

Ce que les gourous du futur, qui à la suite de McLuhan ont prédit la fin de l’imprimé, avaient mal anticipé, ça a été l’extraordinaire agilité avec laquelle le livre a évolué pour s’adapter, dit René Bonenfant.

Un professionnel de l’édition, M. Bonenfant est le directeur du conseil d’administration du Salon, auquel il est associé depuis le début.

«Le livre s’est toujours adapté aux changements technologiques et culturels », dit-il.

Dans les années 60, McLuhan étudiait surtout l’impact de la télévision sur nos esprits, puisque, à son époque, les ordinateurs personnels et tout le bazar qu’ils ont créé, internet, Facebook, Skype, Twitter, n’étaient encore qu’une vague prémonition de futurologues.

«Le livre va s’adapter à cet environnement- là, comme il l’a toujours fait avec l’évolution des canaux de diffusion de l’information depuis Gutenberg», estime René Bonenfant.

«C’est que le livre est d’une nécessité vitale telle, qu’il va toujours survivre.»

LIVRE VIRTUEL

C’est cette belle assurance qui a mené au thème retenu pour le Salon de cette année: «Le livre ouvert sur le XXIe siècle, les enjeux de notre société.»

C’est que, explique René Bonenfant, «notre époque se questionne sur les bouleversements de tous ordres qui l’agitent. Et la réponse à nos questions est dans les livres».

Le livre virtuel? Pas de souci. Plusieurs maisons d’édition en offrent au Salon cette année, une première. Le Salon a, lui, crée un stand, particulièrement pour initier les néophytes, les aider à s’y retrouver. C’est qu’un e-book, c’est un livre.

«Nous pensons que le livre a réponse à tout et c’est pour ça qu’il survivra», dit René Bonenfant.

- Salon du livre de Montréal. Place Bonaventure, du 17 au 22 novembre.

À la rencontre de multiples auteurs

[image::3::left] Le Salon du livre de Montréal est beaucoup plus qu’une giga-librairie temporaire.

C’est un salon, justement.

Ce qu’il offre aux lecteurs, en plus des livres, ce sont les auteurs.

L’écriture est une activité solitaire et silencieuse, la lecture aussi. Auteurs et lecteurs ont une relation personnelle, intime, mais abstraite.

Le Salon permet aux uns et aux autres de se voir face à face, et c’est sans doute cela qui explique sa grande force d’attraction.

Chaque année, il y a le club des bestsellers, ceux qui attirent les plus longues files d’admirateurs, les Michel Tremblay, Patrick Sénécal, Indira Desjardins, Marie Laberge, Yann Martel et autres Dany Laferrière, qui trônent en ce moment au sommet de la pyramide des ventes.

Chaque année aussi, le Salon officialise le statut d’un auteur plus marginal, qui a su percer et s’imposer.

Cette année: Jean-Jacques Pelletier, l’écrivain de Québec dont les immenses sagas (des polars financiers mâtinés d’espionnage) ont trouvé un public avide.

Parmi les vedettes étrangères invitées cette année: Patrick Lapeyre, dont le dernier bouquin, La vie est brève et le désir sans fin, vient tout juste de remporter le prix Fémina à Paris.

L’historien Michel Folco sera là aussi, avec son tome: La jeunesse mélancolique et très désabusée d’Adolf Hitler.

Marie-Claire Blais fait partie des invités d’honneur cette année, ainsi que le poète Joël Desrosiers.

ÉCRIVAINS ANGLOPHONES

Quelques écrivains anglophones populaires en français seront là aussi: Kathy Reichs, la spécialiste américaine de la médecine légale, dont l’héroïne, Temperence Brennan, travaille à Montréal.

Nicholas Sparks, l’auteur de romans d’amour archi-populaires, aussi.

Spécial cette année: Haïti, la cousine chérie, qui peine tant à se relever de ses misères. Pas moins de 17 écrivains haïtiens rapaillés par Dany Lafferière viendront témoigner de ce que c’est que de vivre (et d’écrire) dans un pays où tout est à construire.

Mais le livre est aussi un monde de «nerds», de gens aux intérêts souvent très pointus et loin des sentiers battus par la foule. Il y a de bonnes chances que leurs auteurs soient là aussi, cherchant l’âme soeur, leurs lecteurs, seuls à leur table parmi la foule distraite.

Pour les trouver: salondulivredemontreal.com


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