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Des femmes au printemps - Benhabib raconte les femmes du Moyen-Orient
Photo Philippe-Olivier / Agence QMI

DES FEMMES AU PRINTEMPS

Benhabib raconte les femmes du Moyen-Orient

Ève Lévesque
13-11-2012 | 20h57

Plus d’un an après le Printemps arabe, l’auteure Djemila Benhabib lance Des femmes au printemps, qui raconte la lutte quotidienne des femmes du Moyen-Orient pour leur liberté.

«J’ai voulu que ce livre s’adresse à un public très large, alors je l’ai écrit dans un style très accessible, a expliqué Djemila Benhabib, essayiste et journaliste. Je souhaite qu’il serve d’outil pédagogique à la compréhension de ce fascinant monde arabe, qui est encore malheureusement très mal connu.»

Dans cet écrit, la lauréate du Prix international de la laïcité 2012 brosse le portrait des femmes d’Égypte et de Tunisie, de leur parcours, leurs résistances, leurs espoirs et leurs rêves, de celles qui ont vu deux dictateurs tomber. «Elles attendent maintenant que leurs aspirations se concrétisent, a-t-elle rappelé. Elles veulent choisir et s’émanciper d’un point de vue professionnel, familial, sexuel et culturel.»

Selon l’écrivaine, la situation est plus qu’inquiétante, car les victoires électorales islamistes se sont traduites par des menaces sérieuses à l’égard des droits des femmes. «En Égypte, il a été question de modifier plusieurs lois et de baisser l’âge minimum du mariage de 18 à 14 ans, de décriminaliser l’excision, de restreindre la possibilité des femmes à demander le divorce, a expliqué l’auteure. Ce sont des menaces extrêmement sérieuses, compte tenu du fait qu’il y a très peu de femmes au Parlement égyptien.»

Djemila Benhabib souligne d’ailleurs que «lorsqu’on vit la montée de l’intégrisme, il ne peut plus y avoir de droit, ni de liberté des femmes». Selon elle, le combat des femmes du monde arabe est éternel, car elles doivent lutter pour préserver ce qu’elles ont acquis.

Des femmes au printemps est le troisième livre de l’auteure et résulte de trois mois passés au Caire et à Tunis, les capitales respectives de l’Égypte et de la Tunisie, un an après les révolutions qui ont secoué cette région du globe, au printemps 2011.

Lors du lancement, mardi soir, quelques personnalités politiques étaient présentes, dont l’ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, accompagné de sa conjointe, Yolande Brunelle. Les animatrices Marie-France Bazzo et Karima Brikh, les chroniqueurs Mathieu Bock-Côté, Éric Duhaime, Richard Martineau et Sophie Durocher ainsi que le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, étaient aussi du nombre.

L’humoriste Nabila Ben Youssef a de plus tenu à saluer l’initiative de son amie «d’avoir parlé de ces femmes tunisiennes et égyptiennes dont on parle très peu ici. On parle plus des femmes voilées, des terroristes, et des crimes d’honneur. Les jeunes qui ont fait la révolution sont les enfants des femmes de notre époque, qui étaient éduquées. Ce sont des jeunes qui ont pris l’habitude de vivre avec la liberté et avec des parents égaux. Sans ces femmes, il n’y aurait pas eu de printemps arabe.»

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