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Lisa Gardner | La maison d'à côté - Émotions fortes pour la reine du thriller
© Photo Courtoisie
Lisa Gardner s'est imposée en tête des palmarès au Québec dès la publication de La maison d’à côté.
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LISA GARDNER | LA MAISON D'À CÔTÉ

Émotions fortes pour la reine du thriller

Marie-France Bornais
21-11-2010 | 04h29

Qualifiée de «reine du thriller» aux États-Unis, Lisa Gardner s’est imposée en tête des palmarès au Québec dès la publication de La maison d’à côté. Son suspense complexe est rempli à ras bord d’émotions fortes, où la disparition d’une jeune mère donne du fil à retordre à son héroïne, l’inspectrice D.D. Warren.

Née en Oregon, un État américain de la côte Ouest, Lisa Gardner a mis de côté une carrière ennuyante de consultante en gestion pour écrire à temps plein. Après avoir écrit 13 romans à l’eau de rose sous le nom d’Alicia Scott, elle s’est essayée au suspense.

Ainsi sont nés The Perfect Husband, puis la série d’enquêtes de D.D. Warren et celles de la série The FBI Profiler. En juillet dernier, elle a remporté le titre convoité du meilleur roman de l’International Thriller Writers Association pour La maison d’à côté. Une première pour une auteure.

La maison d’à côté, traduction française de The Neighbor, raconte comment Sandra Jones, une jeune enseignante et mère modèle d’une petite fille de quatre ans, disparaît sans laisser de traces. Son mari, Jason, devient le suspect numéro un, mais bien d’autres pistes apparaissent dans le voisinage tranquille de South Boston.

«J’ai toujours aimé le suspense. J’aime sa complexité, l’anticipation nerveuse qu’il suscite et la joie de découvrir ce qui vient après. J’aime la façon dont les suspenses permettent de voir évoluer les personnages, le danger qui menace, le risque de tout perdre, comme Sandy et Jason dans La maison d’à côté. Ils ont travaillé fort pour former une famille et prétendre avoir une vie normale. Mais quand tout ça est menacé, qu’est-ce que ça crée?» dit-elle en entrevue téléphonique, peu avant son départ pour le Salon du livre de Montréal.

«Comme auteure et comme lectrice, j’aime la manière dont les thrillers nous font découvrir les personnages, leur nature profonde. Je pense qu’au plus profond de nous, comme lecteurs, nous voulons savoir qu’il y a une version plus brave de nous-mêmes. C’est très libérateur!» assure-t-elle.

FAITS DIVERS

La plupart de ses livres s’inspirent de faits divers. C’est aussi le cas pour La maison d’à côté, écrit à partir d’une série de crimes perpétrés aux États-Unis par des maris qui assassinaient leurs femmes au lieu de demander le divorce.

«Il s’agissait souvent de très jeunes et jolies femmes, qui étaient aussi mères de famille. Je me suis mise à faire des recherches à ce sujet lorsqu’une de mes lectrices est venue me rencontrer et m’a mise au défi. Elle était travailleuse sociale auprès de délinquants sexuels et n’appréciait pas du tout la manière dont ils étaient définis dans la littérature de fiction. Elle m’a donné des articles écrits par des policiers, traitant de problématiques liées aux registres des délinquants sexuels aux États-Unis. Elle m’a suggéré d’écrire à ce sujet.»

Plus elle a poussé ses recherches, plus Lisa Gardner s’est intéressée au sujet et plus La maison d’à côté a pris forme. «J’ai inventé cette famille où rien n’est vraiment comme on pourrait le prétendre. Ç’a été facile d’élargir cette idée à un voisinage tout entier, où personne ne sait vraiment qui vit à côté de chez eux.»

Lisa Gardner considère qu’après avoir écrit 13 thrillers, son écriture a considérablement évolué.

«Quand j’ai commencé, j’étais jeune, je n’étais pas mariée, je n’avais pas de famille. J’avais tendance à écrire à propos du danger qui est distant, comme un tueur en série ou les crimes à faible probabilité, un peu exotiques. Maintenant que je suis une conjointe et une mère de famille, je m’intéresse aux scénarios plus réalistes. Le danger, pour la plupart des femmes, est plus près d’elles. Si quelque chose va mal dans leur vie, c’est souvent relié à une personne qu’elles connaissaient, en qui elles avaient mis toute leur confiance, et qui avait passé le seuil de la porte. Quand on devient une mère, une épouse, une voisine, on en devient plus consciente.»

Lisa Gardner considère La maison d’à côté comme un des suspenses les plus complexes de sa carrière. «C’est celui qui a la fin que j’aime le plus. J’aime la manière dont le puzzle s’assemble, la façon dont les personnages interagissent et évoluent.»

Lisa Gardner sera présente pour la première fois au Salon du livre de Montréal pour des séances de signature. «J’aime les salons du livre parce que je suis une personne qui aime les livres. J’aime en parler, j’aime être entourée de bouquins, ça me calme. J’irai aussi rencontrer les autres auteurs pour discuter un peu.»

L'auteure derrière l'inspectrice

Jusqu’à quel point y a-t-il du Lisa Gardner dans l’inspectrice D.D. Warren, une femme de caractère qui ne s’en laisse pas imposer?

«Comme bien des auteurs, j’aurais tendance à dire qu’elle représente plutôt mon alter ego. Je trouve que les écrivains de thrillers ont tendance à inventer des personnages qui sont très portés sur l’action et à l’aise dans les confrontations. D.D. Warren dit et fait des choses que je ne ferais pas. Je suis d’une nature beaucoup plus tranquille et comme la plupart des écrivains, j’aime mieux observer que faire.

«Mais tant qu’à écrire au sujet de quelqu’un pendant des années, autant faire en sorte que le personnage soit plus intéressant, plus audacieux que moi. J’aime l’appétit qu’a D.D. Warren pour la vie, pour la cuisine, pour les hommes. C’est une workaholic. J’en suis peut-être une aussi, mais mon travail est beaucoup plus calme que le sien!»

CRÉER REE

La petite Ree, la fille de Sandy et Jason, est un des principaux personnages de La maison d’à côté. Lisa Gardner avait prévu une tout autre fin pour son roman, mais au beau milieu de son histoire, elle a changé de voie.

«J’étais tombée en amour avec la petite Ree. Il a fallu que je réfléchisse et mon mari pourrait vous dire combien de nuits j’ai passées à arpenter la maison en me parlant toute seule...» dit-elle en riant.

Pour que sa petite Ree soit crédible, il fallait qu’elle s’ancre solidement dans la réalité, grâce à une foule de petits détails de sa vie quotidienne, une technique utilisée par les écrivains de domestic thrillers comme Linwood Barclay et Harlan Coben.

Pour ce faire, Lisa Gardner a organisé des Diva Dinners avec sa fille Grace et ses petites copines (les divas en question) et leur a posé beaucoup, beaucoup de questions, pour connaître les goûts, les habitudes et les jeux préférés d’une petite fille de quatre ans. «Ces rencontres ont fait naître de très intenses débats, croyez-moi! Je les appelle mon petit conseil d’expertes!»

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