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Annie Ouellet - Justine ou la femme moderne en quête de l’homme idéal
© PHOTO: KARL TREMBLAY / AGENCE QMI
Annie Ouellet signe ici un premier roman « pour femmes », après avoir principalement écrit des contes philosophiques.

ANNIE OUELLET

Justine ou la femme moderne en quête de l’homme idéal

Marie-France Bornais
18-04-2010 | 04h00

Nouvelle venue chez Stanké, Annie Ouellet a mis de côté les contes philosophiques et signe un premier roman 100 % chick lit, Justine ou Comment se trouver un homme en cinq étapes faciles.

Justine, 32 ans, un boulot exigeant, hypocondriaque sur les bords, collectionne les aventures amoureuses, mais désespère de rencontrer enfin l’homme de sa vie. Après plusieurs dérapes bien arrosées et des déceptions aplatissantes, elle décide d’appliquer à sa vie personnelle les cinq principes d’un vieux guide pratique de l’emploi idéal.

S’ensuit une série de péripéties, où Justine, la fille aux seins certifiés bio, navigue dans les méandres des relations interpersonnelles, de la vie trépidante d’une femme moderne et des pièges de la société de consommation.

Le tout, présenté avec quelques suggestions de restaurants et un ton humoristique qui fait qu’une fois le livre entamé, il est bien difficile à mettre de côté!

Pas d'autofiction

Lecteurs, lectrices, tenez-vous le pour dit: Justine n’est ni un récit autobiographique, ni de l’autofiction, à part quelques anecdotes. Mais il y a quand même un peu de Justine dans la Montréalaise originaire de Lévis.

«Je suis forte en gueule et, lors de mes études, j’avais une solide descente au niveau de l’alcool... J’ai soûlé quelques gars pour m’en débarrasser, mais pour l’essentiel, ce ne sont pas des choses qui me sont arrivées. La seule chose qui nous relie, Justine et moi, c’est qu’elle trippe sur les chroniqueurs politiques!» (Vincent Marissal, on parle de vous à la page 83!)

Occupée du matin au soir et du soir au matin, bien habillée, Justine connaît les meilleurs spots de la métropole, mais demeure en même temps pathétique à souhait.

«Justine, c’est un portrait de femmes. La femme moderne est une femme qui a un plan de carrière, qui est performante, qui fait du bénévolat, qui suit des cours de formation, qui a des enfants. C’est une femme forte, mais en ce qui concerne ses relations sentimentales, elle perd ses moyens et s’embarque dans des histoires sans issue.»

Les pilules

Annie Ouellet trouve qu’il y a bien des Justine au Québec. «Je trouve que les gens consomment beaucoup d’alcool et de médicaments. La prescription d’antidépresseurs a doublé en dix ans. Est-ce qu’on a plus de problèmes ou moins de facilité à les gérer, ou pas de temps pour les gérer? C’est ça que je voulais illustrer par sa personnalité.

Aujourd’hui, on a des vies folles et penser par soi-même, ça demande beaucoup d’efforts.»

«Pour gérer une dépression passagère, c’est plus facile de se faire prescrire des antidépresseurs que d’analyser sa vie. Il y a beaucoup de bandages sur la plaie, mais la plaie reste là. Justine est intéressante, car elle décide de sortir un peu de la brume pour se poser des questions pas faciles.»

Premier roman

Même s’il s’agit de son premier roman, Annie Ouellet n’en est pas à ses premières armes dans le domaine littéraire. Elle a signé plusieurs nouvelles et La punition, une pièce de théâtre pour enfants. Justine a été écrit en un an et demi.

« Ça fait longtemps que j’écris. Au cours des dernières années, je faisais plus du conte philosophique. À un moment donné, je me suis dit que je me compliquais la vie avec des histoires. J’ai même écrit un roman jeunesse où j’ai refait une mythologie complète. Ça m’a pris six ans pour arriver à la page 200... Je voulais trouver quelque chose de plus simple, en me disant que c’était a dernière fois que je commençais quelque chose et que je n’avais pas de contrat de signé. »

Petit clin d’oeil original: le livre a sa propre trame sonore sur YouTube, que le lecteur peut suivre à l’aide des petites icônes au fil de la lecture. «C’est mon idée de mettre ce que j’écoutais au moment d’écrire. Je suis toujours étonnée de voir des gens dans la trentaine qui ne connaissent pas David Bowie et Tom Waits...»

Trame sonore

Aujourd’hui, Annie Ouellet trouve que sa vie est aussi mouvementée que celle de Justine, mais pas dans le même genre. «J’ai une job à temps plein, je suis une intello “deep down”, je travaille comme éditrice, j’ai une fille de quatre ans et demi et j’écris des livres. Je suis devenue une fille très plate et j’en suis fort aise. Ma vie de party est faite et je suis bien contente de ne plus avoir à sortir dans les bars!»

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