MARTINE LATULIPPEUne enquête pour tout-petitsMarie-France Bornais 10-04-2010 | 04h00
Passionnée d’enquêtes, Martine Latulippe en a imaginé une toute mignonne pour les tout-petits dans son premier album illustré, Ce qui arriva à Chloé et Mélina un jeudi après-midi. Publié dans la collection Klaxon des Éditions de la Bagnole, l’album joliment illustré par Fil et Julie raconte la grande enquête de Chloé et Mélina, qui s’inquiètent beaucoup, car le rire habituel de leur maman a disparu. «Bonjour, bes chéries», dit maman avec un sourire faible. Cobbent a été ta journée à la baternelle, Chloé? Et toi, ba grande Béli?» Martine Latulippe avoue que faire son premier album alors qu’elle avait déjà publié 31 romans n’est pas venu spontanément. «Écrire à des jeunes, par contre, c’est venu facilement. Plus jeune, je travaillais dans les camps de vacances et les terrains de jeux. Il suffisait de mettre l’imaginaire en mots», raconte-t-elle.
UN BON DÉFIÀ la différence du roman, l’album s’écrit en tellement peu de mots qu’il lui faut peser chacun d’entre eux. «C’est vraiment un défi que je me suis lancé. Ça demande plus de travail qu’on pourrait le croire. Ça l’air court, mais il faut aller à l’essentiel et l’histoire doit se tenir en peu de mots. Il faut réussir à rendre des personnages crédibles en quelques pages. Pour que le lecteur s’attache à eux en 24 pages plutôt que 200, c’est quelque chose!» Comme l’album allait être raconté plutôt que lu, Martine Latulippe a pris le temps de lire chaque page à haute voix pour trouver le ton juste et un rythme agréable. «L’album va être lu par les éducateurs et les éducatrices en garderie, à la maternelle. À la maison, il sera lu autant par les parents que par les enfants, qui vont souvent le relire.» La lauréate de nombreux prix littéraires a beaucoup apprécié l’expérience. «Mélina et Chloé, ce sont mes enfants, et les illustrateurs ont joué le jeu. Elles leur ressemblent. Il faut faire confiance aux illustrateurs, car le dessin prend autant de place que le texte dans l’album. C’est aussi ce qui va attirer les lecteurs.»
LIVRES DÉCLENCHEURSTrès présente dans les écoles, les bibliothèques et les salons du livre, Martine Latulippe considère que les jeunes Québécois sont en général de bons lecteurs, mais constate que certains jeunes tardent à lire des romans. «Certains livres sont des déclencheurs, comme la série Julie chez Québec-Amérique, qui parle des légendes québécoises. Le côté frisson intéresse les garçons comme les filles et ce n’est pas rare que les jeunes m’en parlent dans les classes de 5e et 6e année. Une autre série, Mouk le monstre, retient l’attention des lecteurs de 2e et 3e année.» L’auteure d’Un lourd silence (Québec-Amérique), de Lorian Loubier: Vive les mariés! (Dominique et compagnie) et d’Au secours, Marie-P! (FouLire) apporte beaucoup de soin à la qualité de la langue dans chacun de ses ouvrages. «Je m’impose de ne pas niveler par le bas. Je n’ai pas envie d’utiliser seulement des mots qu’ils connaissent, car la littérature est là pour nous pousser plus loin.» Martine Latulippe rencontrera le public au Salon international du livre de Québec au stand des éditions de la Bagnole aujourd’hui et, Elle sera aussi présente aux stands des maisons d’édition Québec-Amérique, Dominique et compagnie et FouLire. |