LES FEMMES VINTAGEJocelyne Robert invite à bien vieillir en paixPierre Nadeau Agence QMI 16-03-2010 | 11h48
Vieillir fait peur à tout le monde. Certains subissent le choc à 40 ans, d'autres à 50 ans. Pour Jocelyne Robert, écrivaine et sexologue, le coup est venu avec la soixantaine. «En fonçant sur la soixantaine, j'ai été prise de panique», raconte-telle dans son nouveau livre, Les femmes vintage. Jocelyne Robert a publié une douzaine d'ouvrages traduits en vingt langues, réédités et distribués dans le monde. Son meilleur vendeur, Full sexuel, destiné aux adolescents, a aussi connu un grand succès en Europe, sous le titre Le sexe, c'est d'jeun's. À travers ses conférences en Amérique et en Europe, Jocelyne Robert a publié le livre Le sexe en mal d'amour -De la révolution sexuelle à la régression érotique. La voilà qui débarque maintenant avec son premier titre qui ne porte pas le mot «sexe». Jocelyne Robert a maintenant 62 ans. La transition a eu l'effet d'une zone de turbulence. «J'ai écrit ce livre pour m'apaiser», dit-elle. Elle écrit même: «Je hais la sonorité de la soixantaine». Pourtant, au fil de l'ouvrage, elle fait étalage de la sérénité à laquelle l'a amenée sa prise de conscience soudaine. En entrevue, elle affiche la même sérénité: «Quand je me regarde dans le miroir, je me trouve bien, très bien. La vie m'apporte beaucoup: je fais un travail qui me passionne, j'ai un homme que j'aime et qui m'aime, que demander de mieux?...»
Difficile de vieillir«Vieillir, c'est difficile, parce qu'on n'a pas le droit de vieillir dans une société qui ne favorise que la jeunesse», déplore l'auteure, sans cacher que son ouvrage s'adresse particulièrement aux femmes. Le mot «vintage» du titre fait analogie avec les grands portos millésimés. «On s'émerveille devant un édifice ou une oeuvre historique. Un soleil couchant peut être aussi beau qu'un soleil levant... Pourquoi ne pas avoir la même attitude pour la population vieillissante?» revendique-t-elle. L'auteure dénonce l'acharnement obsessionnel pour rester belle et jeune et désapprouve la surconsommation des produits cosmétiques et des chirurgies esthétiques. «Plusieurs finissent par avoir l'air d'une imitation rigidifiée de la morphologie humaine.» L'auteure déplore que tant de femmes se tournent vers le même modèle féminin «à la Madonna», les invitant plutôt «à se faire un modèle d'elles-mêmes». «Il faut comprendre que vieillir, c'est naturel et inévitable. On commence à vieillir en venant au monde. Tant qu'on n'est pas mort, on est en vie. Alors, vivons! Et tant qu'à vieillir, vieillissons bien!» |