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Le pensionnaire - Une voix pour les survivants des pensionnats autochtones
© Photo Courtoisie
Chantale Potvin
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LE PENSIONNAIRE

Une voix pour les survivants des pensionnats autochtones

Serge Drouin
14-03-2010 | 04h00

Au début du XXe siècle, une loi a obligé les enfants autochtones vivant au Canada à fréquenter des pensionnats dirigés par le gouvernement fédéral et les églises anglicane, presbytérienne, catholique ou unie... Le souhait de l’exercice: assimiler l’autochtone.

Les autochtones ont peu parlé de ce triste passage de notre histoire. Au total, plus de 150 000 jeunes âgés de 6 à 15 ans ont été déracinés de leur famille pendant de longs mois pour vivre dans ces pensionnats — sept au total — installés un peu partout au pays.

Par la voix du héros de son roman Le pensionnaire, qui vient de paraître aux Éditions JCL, l’auteure, reporter et professeure Chantale Potvin donne la parole à une quinzaine de survivants autochtones de ces pensionnats.

«L’idée d’écrire ce roman est venue lorsque j’écrivais un reportage pour le magazine Premières Nations. J’ai rencontré un autochtone qui m’a raconté son histoire. J’en revenais pas», dit Chantale Potvin.

Selon l’auteure, c’est à un véritable génocide que se sont livrés les Blancs envers les autochtones durant toutes ces années de pensionnat. Les pensionnaires ont été victimes de dénigrement de leur culture, d’un interdit de parler leur langue, soumis à des humiliations répétées, des punitions exagérées et à de la violence physique et psychologique.

«Un autochtone m’a raconté avoir dû faire des fellations répétées à un prêtre. Imaginez la peur que devait vivre cet enfant lorsqu’il entendait les pas du prêtre se diriger vers lui.»

L’auteure avance même qu’elle n’a pas écrit tout ce que les autochtones lui ont raconté. «Les lecteurs auraient sans doute pensé que j’exagérais», lance-t-elle.

Chantale Potvin croit que tous les sévices subis par les autochtones ont entraîné ces derniers à boire, s’adonner à la drogue... pour oublier leurs souffrances.

«J’espère que le livre servira à combattre les préjugés que trop de gens entretiennent envers les autochtones. On devrait essayer de les comprendre plutôt que de les juger, dit-elle. Un autochtone m’a dit que la phrase qui résumait le mieux le roman était celle-ci: (ces pensionnats) étaient comme des camps de concentration sans les mitraillettes et les barbelés.»

Finalement, Chantale Potvin croit qu’il y en aura, au sein de nos églises, qui se défendront des comportements des prêtres. Du même souffle, elle assure que les témoignages recueillis ne peuvent pas mentir.

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