SALON DU LIVRE DE MONTRÉALUn événement exceptionnelBenoît Aubin 14-11-2009 | 04h00
Le Salon du livre de Montréal est l’un des plus grands événements du genre en Amérique du Nord. De telles foires du livre n’existent pas au Canada anglais et aux États-Unis. C’est un phénomène unique au Québec. Avec plus de 120 000 visiteurs qui vont se presser durant cinq jours dans l’immense hall de la Place Bonaventure, pour palper les livres de 950 stands différents et courir la chance de rencontrer les quelque 1500 auteurs qui s’y présentent, le Salon du livre est une entreprise d’envergure. «C’est une grosse machine, qui pose des problèmes d’organisation qu’on ne soupçonne pas toujours», explique René Bonenfant, président du conseil d’administration. Par exemple, le Salon doit affecter des employés spécialement pour gérer la circulation des autobus scolaires qui viennent déverser, puis reprendre pas moins de 18 000 écoliers, en trois avant-midis. Avec cette 32e édition, «on peut dire que le Salon du livre est rendu à maturité, continue René Bonenfant. La capacité d’accueil de la Place Bonaventure est à peu près saturée.»
DE BONNES AFFAIRESLe Salon du livre est un business de près de 2 millions $, mais la quête du profit ne semble pas être le principal motivateur de ceux qui y participent. La plupart des exposants s’estiment heureux quand ils peuvent payer leurs frais avec les recettes des ventes de livres, insiste René Bonenfant. «Je n’en connais pas qui quittent le Salon en se félicitant d’avoir fait de bonnes affaires.» Le Salon est une société sans but lucratif. Il touche des subventions des trois paliers de gouvernement pour environ 200 000 $, soit dix pour cent de son budget. Le reste vient de la billetterie, et, surtout, de la location des 950 stands et kiosques. Le Salon fonctionne malgré tout, parce que chaque joueur de l’industrie du livre y trouve son compte. C’est une vitrine du livre, un outil de promotion d’une force considérable et un des rares forums où les auteurs sont en contact avec leur public. «C’est le seul endroit où les auteurs, les éditeurs, les grossistes, les distributeurs, et les libraires se rencontrent sans qu’il y ait de chicane.»
Livres pour tousQue vous souhaitiez vous mettre à jour sur la production des auteurs roumains du Québec, voir de quoi votre nom a l’air écrit en hébreu, entendre Pierre Lebeau réciter du Boris Vian, ou Tonino Benacquista parler de roman policier, le Salon du livre de Montréal est pour vous. Près de 1500 auteurs et une vue d’ensemble de l’offre étonnante de livres en français sont, évidemment, les principales attractions du Salon du livre. Mais s’y ajoute aussi un nombre impressionnant d’activités reliées au monde de l’édition (entrevues, débats, conférences, récitals, expositions et remises de prix littéraires) sans compter les émissions de radio réalisées sur place. Ces activités d’animation, regroupées autour de trois pôles physiques (l’Agora, la Grande place et le Carrefour Desjardins), se succèdent pendant toute la durée du salon. Le thème de cette année étant: «Le livre, une affaire de famille », une certaine insistance a été mise sur la littérature-jeunessse, le matin surtout.
INVITÉS D’HONNEURLe romancier français Tonino Benacquista fait partie des invités d’honneur du Salon cette année, comme le sont les Québécois Yves Beauchemin, Monique LaRue et Denis Monette, le Belge Grégoire Polet et l’Haïtien Gary Victor. Et le linguiste polyglotte Claude Hagège, auteur du Dictionnaire amoureux des langues. India Desjardins, Marie-Louise Gay et Claude Ponti reçoivent le même honneur dans les domaines des livres pour ados et tout petits. Dans cette offre abondante, voici quelques événements ou animations susceptibles de retenir l’intérêt.
Le Salon du livre de Montréal se tiendra du 18 au 23 novembre. Place Bonaventure, admission 8 $ (adultes). Pour la liste complète des activités et informations: www.salondulivredemontreal.com |