NELLY ARCANSous le signe de la sobriétéDany Bouchard Le Journal de Montréal 06-11-2009 | 10h32
Le dernier livre de Nelly Arcan, Paradis clef en main, a été lancé hier soir sous le signe de la sobriété. En entrant à l'intérieur du Robin des Bois, un restaurant communautaire de la rue St-Laurent que la défunte écrivaine aimait bien fréquenter, les visiteurs pouvaient apercevoir une grande photo en noir et blanc de Nelly Arcan posée sur une table. «Généralement, (un lancement) c'est un party que l'auteure se fait pour souligner un travail acharné, pour montrer le livre à ses proches et au public», a d'entrée de jeu expliqué l'éditeur Michel Vézina à la cinquantaine de personnes présentes, dont la famille proche de Nelly Arcan et plusieurs de ses amis. À LIRE AUSSI:
«On va essayer de faire ça le plus joyeusement possible.»
Faire réfléchirNonobstant le décès de l'écrivaine, le 24 septembre dernier, Michel Vézina a raconté comment le livre de Nelly Arcan a joué un rôle important dans le démarrage d'une nouvelle maison d'édition comme la sienne. M. Vézina a ensuite raconté avec quel plaisir il s'attablait avec l'auteure, au beau milieu de l'après-midi, pour discuter du sujet de son dernier livre, le suicide assisté. «On avait un fun noir à jaser de ce sujet parce que ce que Nelly proposait était d'une telle intelligence. Elle ne voulait pas que ce soit un livre pro-suicide. Elle voulait faire réfléchir sur la question du suicide assisté. [...] Je pense que le livre qu'elle a fait est une grande oeuvre.»
Lettres anonymesMichel Vézina, qui a confié avoir été longtemps troublé par le suicide d'un autre proche, celui de Dédé Fortin en 2000, a expliqué avoir reçu des lettres anonymes lui demandant de ne pas publier le livre par crainte d'inciter d'autres personnes à commettre l'irréparable. «Je pense que ça va être l'inverse. C'est en en parlant de façon si intelligente qu'on risque d'en éviter», a-t-il soutenu.
|