TÉMOIGNAGEUn livre sur l’impardonnableMarc Pigeon 06-06-2009 | 18h27
Treize ans après une tragédie sans nom au cours de laquelle son ex-mari a tué leurs deux garçons avant de s’enlever la vie, Marie-Paule McInnis émerge de son cauchemar et publie un livre racontant le drame et surtout, tout ce qui y a mené. En écrivant ce livre, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, dit-elle en entrevue au Journal de Montréal. Je croyais que j’en mourrais. Le jour où j’ai remis la toute dernière version du livre, je suis entrée à l’hôpital et j’y suis restée quatre jours.» Un exercice difficile pour elle, mais nécessaire. «Peu après la mort de mes fils, je me suis donné quelques missions, dont celle-là», dit-elle. Marie-Paule McInnis a vécu huit ans avec Jules-André Langlois. Huit années infernales au cours desquelles elle a été victime de violence psychologique de la part de cet homme contrôlant et manipulateur.
Un drame appréhendéHuit années où elle a été privée de sa liberté, avant de choisir de le quitter, malgré sa conviction que «quelqu’un y laisserait sa vie». Une décision qu’il n’a effectivement pas digérée. Le 2 juillet 1996, celui qui était un homme d’affaires réputé et reconnu dans le petit village de Port-Daniel, en Gaspésie, est mort en incendiant sa maison située en bordure de la baie des Chaleurs avec de l’essence et du gaz propane. Leurs deux enfants, Jérôme, 6 ans, et Justin, 2 ans, ont aussi péri dans l’incendie. Une tragédie qui a plongé Mme McInnis dans une profonde tristesse, pendant des années. «J’étais certaine que j’allais pleurer jusqu’à ce que je m’éteigne, dit-elle. Je n’avais pas l’impression qu’un jour j’allais pouvoir aimer la vie.»
Pas de pardon à l’horizonDans son livre intitulé La Survivante qu’elle a elle-même écrit à la main, à paraître mardi aux éditions JCL, Mme McInnis évite de mentionner la municipalité où la tragédie s’est produite, de publier la photographie de son ex-conjoint et de mentionner le nom des membres de sa belle-famille, question d’épargner ces gens. En publiant un ouvrage sur cette affaire, elle souhaite aider d’autres femmes prises dans l’engrenage de la violence conjugale. «Aller chercher de l’aide, dit-elle, c’est la seule façon de s’en sortir. Tu ne peux pas t’en sortir seule.» Mme McInnis a fait un long cheminement personnel, dans les dernières années, mais pas question pour le moment de pardonner à celui qui lui a enlevé ses enfants. «Déjà que j’ai eu à tolérer l’intolérable, je ne pardonnerai pas l’impardonnable», dit-elle. |