NOUVEAUTÉBienvenue dans l'univers des finissantsPar Benoît Aubin 18-05-2009 | 04h00
Le résultat est intéressant, parfois troublant, souvent touchant. J’ai passé un samedi pluvieux à me replonger dans ces histoires d’adolescents aux prises avec leurs incertitudes académiques à la veille des examens, avec leurs insécurités amoureuses à la veille du grand bal, avec leurs inquiétudes existentielles, à l’aube de leur vie d’adultes. Les jeunes d’aujourd’hui, on les pense gâtés, capricieux, arrogants. Ils sont souvent effrayés devant un monde, une vie qu’ils comprennent mal. Et tellement narcissiques! Les quatre histoires se déroulent dans la même polyvalente fictive, alors plusieurs personnages (des profs) et des événements (la bataille de nourriture) se retrouvent dans les quatre livres. Il n’y a pas de batailles, de vandalisme, pas de fanfaronnades ni de cascades à la con en planche à roulettes, pas de concours de calage de bière, pas même le moindre petit concours amical pour savoir qui pisse le plus loin. Ce ne sont pas des livres de garçons. Livres de fillesL’héroïne d’une des histoires est arrivée de l’étranger au milieu de l’année, et elle en arrache. Une autre est en chaise roulante. Une autre est en fugue. La quatrième est anorexique. Dans chacune de leurs familles, il y a des parents qui s’aiment moins qu’avant. Ce sont des livres de filles intenses, sentimentales, révoltées, fortes, même dans leur grande faiblesse d’ex-bébés. Et chaque histoire finit bien. «Cela faisait partie de la commande, dit Annie Goulet, 28 ans, auteure d’un des romans. Il fallait une résolution heureuse du problème, une solution qui fasse rêver.» «La difficulté était d’inventer des personnages de 17 ans qui seraient assez crédibles et matures, mais aptes à intéresser des lecteurs de 12 à 14 ans.» Le résultat est là: une espèce de Watatatow en concentré, mais dont on tourne les pages. |