CLAUDE FOURNIERLe Québec le tuePar Benoit Aubin 11-04-2009 | 04h00
«C’est peut-être pour ça que j’ai toujours eu de mauvaises critiques ici: j’ai toujours eu l’envie d’aller m’essayer ailleurs, sur de plus gros marchés», dit-il en entrevue. Le drame, au Québec, selon Claude Fournier, c’est «qu’on se satisfait de peu; on tolère la médiocrité, à l’école, au collège. On est paresseux dans la langue qu’on parle, paresseux au travail. À consulter
contre ceux qui ont du succès». Fournier dit s’être «toujours senti un peu coincé au Québec. Ici, quelques fonctionnaires, quelques critiques, une poignée de patrons dans deux réseaux de télévision ont, tout compte fait, la main haute sur le marché du film. Et ils abusent de leur pouvoir». (Ainsi, Fournier se dit «barré à vie» à Radio-Canada, tout comme à Téléfilm Canada…) «Il y a quelque chose de mesquin dans notre société. Le succès peut vous nuire. C’est arrivé à Denys Arcand, à Céline Dion et à René Angélil. C’est ici qu’ils sont le plus critiqués. On reproche à Michel Tremblay de vivre en Floride, imaginez!» Alors, l’avenir du Québec selon Claude Fournier? Il y a tout plein de créateurs formidables ici, et ce, dans tous les domaines. «Mais si on reste avec cet esprit obtus, incapables d’accepter que les gens réussissent et si on ne les aime pas davantage parce qu’ils font rayonner le Québec à l’étranger, on ne s’en va nulle part.» |