 |
|
Photo d'archives |
Bryan Perro |
|
|
BRYAN PERRO
Le sauveur des contes et légendes
21-03-2009 | 04h00
«Dans le fond, je suis la
Brigitte Bardot des
créatures fantastiques.
Je vais toutes les sauver.»
Cette boutade lancée par
l’auteur Bryan Perro n’est
pas si loin de la vérité. Avec
la parution, mardi, du tome
II des
Créatures fantastiques
du Québec (le tome I est sur
le marché depuis 2007), il se
pose pratiquement en sauveur
des légendes issues de
la tradition orale. Il reconnaît
d’ailleurs se sentir le
devoir de perpétuer cette
tradition, de peur qu’elle ne
se perde.
«Je me promenais partout
dans le monde et j’ai déniché
des livres sur les fantômes
de Prague, sur les Corrigans
en Bretagne. Je me suis rendu
compte que nous n’avions
pas de livre sur nos propres
créatures fantastiques. À
partir du moment où les
gens n’en parlent plus, ne se
racontent plus les histoires,
ces créatures risquent de
tomber dans l’oubli. Alors,
c’est une partie de notre
culture qui s’en va», signale
le sympathique écrivain.
Féru de mythologie, Perro a
accumulé une collection de
quatre cents ouvrages, au
cours des quinze dernières
années, sur les divers contes
et légendes du Québec. C’est
dans ces bouquins qu’il puise
son inspiration.
«L’idée est d’extraire les
histoires, de les raconter,
parfois différemment. Le
plaisir, sans vouloir être trop
académique, c’est de constater
qu’on a un imaginaire
hallucinant au Québec. On
s’aperçoit qu’on a quelque
chose d’assez exclusif chez
nous.»
|
|
Encore à l’écriture
En attendant un hypothétique
troisième livre de
contes, celui qui a créé le
populaire Amos Daragon
termine le deuxième roman
de son dernier bébé,
Wariwülf.
«J’attaque ensuite la mise
en scène d’
Éclipse, le spectacle
que j’ai écrit, à la Cité
de l’Énergie. Il y a aussi les
Diades, à Joliette, dont je
suis le concepteur, qui est de
la chanson populaire et du
cirque.»
Dépoussiérer les
histoires du passé
Dans le tome II des
Créatures fantastiques
du Québec, brillamment
illustré par Alexandre Girard, Bryan
Perro dépoussière le Bonhomme
Sept Heures, le gnome de l’île aux
Grues et le monstre du lac Pohénégamook,
entre autres. Il avoue avoir un
faible pour l’histoire, absolument
horrible, du boucher de Saint-Valérien.
|
|
«Durant la guerre, il n’y avait plus
de viande dans le village, mais lui en
avait encore. À la fin des hostilités,
on s’est aperçu que des enfants
avaient disparu dans les villages
autour. C’est de l’horreur, une histoire
qui me fait dire: wow, comment
est-ce que ça a pu apparaître?» lance
celui qui ne ferme pas la porte à un
tome III.
«Je ne sais pas. Je pensais avoir fait
le tour de mes affaires, mais j’étais
dans un restaurant en Abitibi, l’autre
jour, et la serveuse m’a demandé si je
connaissais tel rapide, si je savais
qu’il y a une forêt enchantée. Ça veut
dire qu’il y a encore du matériel. Mais
si j’en faisais un troisième, il faudrait
que je fouille davantage.»
|
À noter que le livre sera en librairie à partir du 25 mars prochain