ÉTATS-UNISUn livre sur Cuba mis à l'index12-02-2009 | 13h13
La cour d’appel a rendu son verdict le 5 février dernier et a jugé que la commission scolaire de Miami-Dade n’avait pas enfreint le premier amendement, en 2006, alors qu’ils avaient retiré de leurs bibliothèques le livre Vamos a Cuba (Une visite à Cuba). «La marge est grande entre le fait de taire les détails troublants des histoires d’adultes et celui de donner une image faussement idéale de la réalité», a écrit le juge Ed Carnes dans son jugement. Le livre publié en 2001 avait pour sujet la vie quotidienne des habitants de Cuba, et faisait partie d’une collection présentant divers pays aux enfants de moins de dix ans. C’est Juan Amador, parent et ancien prisonnier politique à Cuba, qui a déposé une plainte à la commission scolaire quand il a appris que ce livre était offert par les bibliothèques de la commission scolaire. Amador était scandalisé par ce livre, affirmant qu’il traçait un portrait déformé et trompeur de la vie à Cuba sous la gouvernance de Fidel Castro. Avec sa couverture illustrée d’enfants souriants, le livre donne une image positive du pays, mais ne mentionne ni la révolution de Castro, ni les tensions politiques et sociales, ni l’autoritarisme dont fait preuve le gouvernement envers ses détracteurs. Après avoir procédé à un vote, la commission scolaire avait décidé de retirer des tablettes des bibliothèques les 49 exemplaires du livre. Un juge de Miami avait ensuite déclaré que la décision de la commission scolaire était de nature politique, et qu’au lieu de censurer ce livre, ils auraient dû ajouter à leur collection des livres présentant d’autres points de vue. L’American Civil Liberties Union (Union américaine pour les libertés civiles) était aussi en désaccord avec la décision de la commission scolaire, et a choisi de la contester. «Nous ferons ce qu’il faut pour éviter que les tablettes des bibliothèques de la commission scolaire de Miami-Dade ne soient dépouillées des livres que certaines personnes jugent inappropriés», a dit Howard Simon, directeur général de la section floridienne de l’ACLU, après que le jugement de la cour d’appel ait été publié. «La censure, c’est la censure, rien que la censure.» |