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FESTIVAL DE LA BANDE DESSINÉE

La vieille garde s'implique

Marc-André Boivin
05-02-2009 | 13h11

Le Festival de la bande dessinée de Québec (FBDQ) (15 au 19 avril) a fait appel à un vieux de la vieille pour réaliser son affiche promotionnelle.

C'est Réal Godbout, dessinateur et coscénariste des aventures de Michel Risque et de Red Ketchup, deux personnages qui ont fait les délices des lecteurs du magazine Croc pendant de nombreuses années, qui s'est chargé de cette tâche.

«Ça fait un petit velours c'est sûr. Ça fait aussi plaisir de voir que chaque année, le festival cherche des auteurs québécois pour faire l'affiche. Par les années passées, il y a eu Denis Rodier, Delaf et Dubuc ainsi que Michel Rabagliati. Les auteurs d'ici sont toujours prêts à en faire un peu plus que les Européens pour un projet comme ça, eux qui se contentent souvent de mettre le Château Frontenac en fond et de faire la promotion de leurs propres personnages», souligne M. Godbout en ajoutant qu’il sera sur place tout au long du festival.

Les ouvrages de M. Godbout consacrés aux aventures de Risque et de Ketchup sont présentement réédités par la maison d'édition La Pastèque qui souligne cette année son 10e anniversaire. Cinq albums de Michel Risque sont parus jusqu'à maintenant contre deux de Red Ketchup.

«Il n'y a pas de nouvelles aventures de prévues pour le moment. Ce ne sont que des rééditions. J'ai bien commencé une dernière histoire de Red Ketchup en 1995, alors que Croc mettait un terme à ses activités, mais la terminer ne fait pas partie de mes projets immédiats », confie-t-il.

Bac en BD

Réal Godbout admet que le support de magazines dont il a bénéficié durant sa carrière fait aujourd'hui défaut aux auteurs qui souhaiteraient peut-être avoir un tel moyen de diffusion pour leurs œuvres. Pas étonnant que les diplômés du bac en bande dessinée de l'Université du Québec en Outaouais, où M. Godbout enseigne depuis une dizaine d'années, soient obligés de diversifier quelque peu leur expertise.

«Il sont entre 10 et 15 à sortir du bac chaque année et pour eux, il y a des débouchés autres que de sortir des albums, même si plusieurs le font. Ils se font connaître du milieu de la BD, oui, mais aussi dans les domaines de l'animation de jeux vidéo ou encore, comme illustrateurs pour des studios. Nous voyons plusieurs noms connus circuler de temps en temps», ajoute le bédéiste.

Ça fait quelques années maintenant que M. Godbout a présenté du matériel inédit en BD, mais force est de constater que la relève est plutôt bien assurée dans ce domaine.

«C'est vrai qu'il y a un bouillonnement actuellement alors que beaucoup d'auteurs émergent. Plusieurs Québécois ont réussi à se faire un nom du côté de l'Europe, car au Québec, le marché est quand même restreint. Des œuvres comme la série des Paul de Michel Rabagliati sont des succès de librairie, mais ce n'est pas énorme en termes de chiffres de vente. Ce n'est pas facile de vivre de cet art à temps plein chez nous, mais il y a de plus en plus de passionnés», conclut-il en admettant qu'il était tout de même plus facile, de nos jours, de publier des albums, même si le tirage est parfois minime.

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