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Étienne Polet - Protéger l'héritage du grand-père
© Le Journal - Donald Courchesne

ÉTIENNE POLET

Protéger l'héritage du grand-père

Manon Guilbert
11-12-2008 | 19h47

Petit-fils de Louis Casterman, Étienne Polet est entré au service du célèbre éditeur au moment où Hergé était au sommet de sa gloire.

Il se souvient encore de la cérémonie du 175e anniversaire de la maison Casterman.

Ce jour-là, il était venu apporter un bouquet de fleurs à Hergé. «Nous sommes en 1955. J’ai dix ans, je suis le petit-fils de Casterman. Pour cet anniversaire de la maison, on salue l’auteur Hergé, se souvient-il. Il m’avait fait un dessin de Tintin portant des fleurs à la main. Ce dessin fait au crayon à mine, je l’ai toujours. Petit, rigole-t-il, je l’avais retouché en mettant du stylo à l’encre tout autour. Mauvais pour les collectionneurs!»

LA POLITESSE

Hergé était un homme charmant. Il entrait facilement en contact avec les visiteurs, mais conservait toujours une certaine distance avec tous. Après la guerre, explique Étienne Polet, le personnage Tintin s’était solidifié et Hergé, un peu plus connu des lecteurs, s’est créé lui aussi une identité.

«Il était très réservé, se souvient Étienne Polet. Il l’est devenu davantage.»

Étienne Polet est devenu depuis, plusieurs années plus tard, partie intégrante de la Fondation Hergé. Son travail consiste à gérer tout le courrier d’Hergé, qui est, selon lui, considérable.

Étienne Polet, dans la continuité de l’héritage de son grand-père, l’éditeur et imprimeur, se souvient de l’arrivée de la couleur dans l’imprimerie.

«Hergé était très exigeant par rapport à son éditeur. Il lui demandait aussi sa complicité.»

Depuis la mort d’Hergé, Étienne Polet veille à ce que les albums évoluent selon les goûts modernes sur les plans du papier, de la couleur. Les amateurs sont eux aussi des plus exigeants. Les goûts ont évolué et on repense avec soin aux allures esthétiques de la collection.

Étienne Polet fait remarquer que depuis la mort d’Hergé en 1976, on vend encore un million d’albums par année dans la francophonie.

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«On en vend plus depuis qu’il est décédé, fait remarquer Étienne Polet. Ce fait est unique. Cet intérêt a traversé les générations. On compte dans l’Association. Ce n’est pas rien.»

Étienne Polet parcourt le monde et rappelle que Casterman, son grandpère, était venu au Québec dans les années 1930 et avait été reçu par l’évêque de Montréal. Pour la première fois, on y accueillait un éditeur et imprimeur européen. Tintin est venu plus tard… Étienne Polet suit encore leurs traces.

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