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MICHEL FOLCO - Le 4e acte de la saga d’une vie
©LE JOURNAL – PIERRE VIDRICAIRE
Michel Folco

MICHEL FOLCO

Le 4e acte de la saga d’une vie

Manon Guilbert
Le Journal de Montréal
25-11-2008 | 04h00
Il aura fallu attendre presque sept ans avant de lire le quatrième tome de la saga de Michel Folco.

La sortie récente du roman Même le mal se fait bien nous vaut la visite du personnage, l’auteur déjanté.

L’arbre généalogique des Tricotin étend ses branches dans Même le mal se fait bien dans l’Europe du début du XXe siècle. Depuis Dieu et nous seuls pouvons, Un loup est un loup et En avant comme avant!, le romancier Michel Folco emmène ses lecteurs sur les traces des membres d’une étrange famille qui traverse les grands moments de l’histoire. Leurs truculences et leurs excentricités font partie d’un grand plan d’ensemble qui conduira Michel Folco, il le croit ainsi, jusqu’à la fin de sa vie d’écrivain, qui devrait s’étaler encore «pendant quelques centaines d’années».

«Je ferai alors de la science-fiction», dit-il malicieusement.

UNE AUTRE GÉNÉRATION

Les Tricotin l’habitent depuis longtemps et si Michel Folco étire pendant plusieurs années le moment de donner à ses lecteurs un nouveau tome de leurs aventures, il fignole son effet.

«J’écris tout dans un premier jet, dit-il. C’est là le plus grand plaisir et, par la suite, je repasse et repasse, ajoute des détails pour peaufiner le texte et qu’il devienne cohérent.»

S’il met plusieurs années avant de boucler un roman, Michel Folco se justifie en parlant de toutes les lectures qui apportent l’eau au moulin de ses extravagances littéraires. Il en va ainsi pour la «décorporation», qui l’a intrigué et mené à lire des dizaines de documents où on parle de ces morts sur les tables d’opération qui reviennent à la vie et racontent leur expérience.

«Ça se passe depuis longtemps. On avait remarqué tout ça dans l’Antiquité. J’ai lu les témoignages d’un anesthésiste qui a été témoin d’une décorporation. Ça existe et on ne sait pas départager l’âme et le cerveau.»

Folco ne se réfère pas à quelque dogme religieux pour expliquer ces phénomènes. Pour lui, la religion serait plutôt un bon business qui récupère les mystères, surtout si on ne réussit pas à les percer.

SI DIEU EXISTE

Quand on ne trouve pas les réponses, on hasarde quelques explications.

«Dans la réalité, souligne-til, on ne sait rien du père de Hitler. Il y a un trou dans son histoire personnelle. On peut donc imaginer des choses et explorer toutes les possibilités. C’est ce que je me permets de faire. J’imagine une origine à mon personnage.

«Si Dieu existe, continue-t-il, Satan existe aussi. À quoi ça sert, Dieu, si nous vivons ce que nous vivons? Il a multiplié les catastrophes. Depuis le déluge, il n’a rien fait de mieux.»

Folco remet en question, brouille les pages de l’Histoire, que pourtant il revit en se plongeant dans les textes de nos ancêtres pour s’imprégner de l’odeur du temps.

«Les énormités, ajoute-t-il, c’est comme un suppositoire, ça passe plus vite. Je crois aussi qu’on ne peut pas faire de l’humour avec des banalités. Vengez-vous et vous vous sentirez mieux… Les bons sentiments m’angoissent. La vie est dure et tous les bien-pensants font comme s’il n’en était rien.»

Folco prévoit quelque 40 tomes de sa saga. La famille qu’il a créée étendra ses ramifications très loin dans le futur.

«Je n’ai aucun problème d’écriture, précise-t-il. Je combats le perfectionnisme et écris comme si je faisais un voyage dont je connais seulement la destination finale. Je découvre au fur et à mesure les paysages.»

L’écrivain se voit comme un autodidacte, sensible à l’humour et à la dérision des Anglais. S’il met autant de temps avant de publier, il se justifie en affirmant qu’il cherche à être à l’aise avec les pages de l’histoire pour en cerner l’esprit. L’exercice, il en convient, ne lui est pas si facile. Les professeurs qui lui ont enseigné, assure-t-il, pourraient très bien le confirmer.

  • Même le mal se fait bien, Michel Folco, Stock.
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