JEAN-PAUL DUBOISPetits arrangements raisonnablesPar Claudia Larochelle 02-11-2008 | 04h00
Quand cet écrivain français s’appelle Jean-Paul Dubois, qu’il a les rides de quinquagénaire harmonieusement disposées dans son visage, le regard profond et les cheveux grisonnants en broussaille, l’air mi-bum, mi-intello, ça titille d’autant plus. Voilà, c’est assez pour le portrait de celui qui était de passage à Montréal après la parution de son dernier roman. Fallait quand même vérifier et le spécifier, puisque tout le monde en parle.
L’expression sonnait bien à ses oreilles. Si bien qu’il a lu les pages du rapport de la commission Bouchard-Taylor parce que ça éveillait sa curiosité. D’autant plus qu’il aime le Québec, s’y est même fait des amis qui ont entendu les bons échos de la critique française à l’égard de son roman.
Là-bas, cherchant un second souffle pour continuer, Paul fait le point. Paul revit, apprend à assumer ses choix. Tout le monde est convié à ça dans le détour. Les Accommodements raisonnables, de Jean-Paul Dubois, sont publiés aux éditions de l’Olivier.
Un extrait des Accommodements raisonnables:«Lorsque, sur les coteaux, le vent cessait, les arbres comme les maisons donnaient l’impression de se reposer des efforts permanents consentis pour résister aux bourrasques. Ces crêtes, je les avais traversées en roulant à toute vitesse, les muscles tendus, impatient, nerveux, prêt à bondir de la voiture. J’avais éprouvé l’irréfragable besoin d’aller à la clinique pour voir Anna, me rendre compte de son état, lui dire un mot et entendre un brin de sa voix. Je me foutais des procédures, du règlement, des horaires, de Grandin, de sa monture bleue, je voulais seulement embrasser ma femme, la prendre dans mes bras, lui dire que je l’appellerais tous les jours, même si elle ne pouvait pas répondre, même si elle était enfermée dans son sommeil.» Pages 111 et 112.
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