AUTOBIOGRAPHIEEminem dit tout dans ses mémoires24-10-2008 | 14h23
Sa nouvelle chanson I'm Having a Relapse a causé un tumulte sur le Web et alimente les rumeurs d’un nouvel album et d’une tournée. Mais avant qu’Eminem ne reprenne la voie musicale, il prend du recul avec un bouquin en vente depuis le 21 octobre. Le rappeur dont les paroles de chansons autobiographiques intriguent le public depuis des années livre ses confidences. Avec The Way I Am, l’homme dont le véritable nom est Marshall Bruce Mathers III, transporte ses lecteurs de sa dure enfance et adolescence tumultueuse à son entrée en studio en passant par sa phase de balayeur de plancher dans une usine de Détroit. On y voit comment Eminem, qui a aussi été cuisinier de casse-croûte, réussit à percer le monde du rap et à devenir un artiste hip-hop renommé. Le livre de plus de 200 pages contient des photos des coulisses et des reproductions de textes originaux des chansons d’Eminem, sur des feuilles de papier d’hôtel et d’autres liasses sur lesquelles il a écrit les vers de chansons qui l’ont rendu célèbre. Eminem n’aime peut-être pas être une vedette, mais il aime la musique et c’est ce qui l’a fait sortir du lot, explique l’éditeur Brian Tart, président de Dutton Books, division de Penguin Group (USA) Inc. «Je crois qu’il n’aime pas être une vedette, mais il aime sûrement être un artiste, explique Tart. Il avait besoin de s’éloigner des aléas de la célébrité. Mais au plus profond de son corps et de son âme, c’est un artiste.»
Période troubléeLe livre contient d’abord un prologue dans lequel on peut lire les raisons qui ont poussé Eminem à rester loin des projecteurs au cours des dernières années. Il décrit en détail à quel point ce fut difficile pour lui de faire face à la mort de son meilleur ami et rappeur Proof (Deshaun Holton), qui a été tué par balle dans un club after-hour de Détroit en avril 2006. «Après sa mort, ça a pris un an avant que je puisse recommencer à vivre normalement, écrit Eminem. J’avais du mal à sauter du lit et il y avait même des jours où je n’arrivais pas à marcher, sans parler de composer une rime. Je n’ai jamais vécu une telle souffrance. C’est une souffrance qui m’habite encore aujourd’hui. Une douleur qui fait maintenant partie de ce que je suis.» C’est Proof qui l’a non seulement invité à devenir animateur, mais qui lui a ouvert la voie des ghettos. Ainsi, Eminem, qui a la peau blanche, a pu faire partie de la clique et percer sur la scène hip-hop de Détroit dominée par les noirs. «Si Proof ne m’avait pas fait entré… dans le monde du rap, je ne sais pas où j’en serais, écrit-il. Vous n’auriez certainement pas entendu parler de moi.» Mais ils sont des millions à avoir entendu parler de lui et ce qu’ils connaissent d’Eminem est largement basé sur ses paroles de chansons, sa personnalité publique excessive et le film semi-autobiographique de 2002, 8 Mile. The Way I Am répond à quelques controverses et questions en suspens, dont son arrestation pour avoir frappé avec un fusil un homme qui avait embrassé sa femme en 2000 («Un fusil, c’est mauvais, je vous le dis.»), son problème de surconsommation («Je suis content de l’avoir compris et de m’être lancé dans la bonne voie.»), les racontars à propos de sa supposée homophobie («Ultimement, chacun choisit la personne avec qui il veut entretenir une relation et ce que chacun fait dans sa chambre, c’est son affaire.»), et l’ethnicité («Honnêtement, j’aimerais beaucoup qu’on se souvienne de moi comme de la plus extraordinaire personne à avoir tenu un micro, mais si je fais ma part pour atténuer certaines tensions raciales, c’est assez pour moi.»).
Enfance difficileEminem raconte aussi ses premières années, tandis qu’il vivait à Savannah au Missouri avant de s’installer à Détroit. Il parle de son désespoir de ne jamais avoir connu son père, de la relation compliquée qu’il a entretenue avec sa mère et au suicide de deux de ses oncles.À Détroit, Eminem était calme et reclus à l’école. Il raconte qu’il se faisait souvent voler à la maison et tabasser par la police avant de passer d’un boulot bidon à l’autre afin de boucler ses fins de mois et soutenir son ex-femme Kim et sa fille Hailie. Mais le vent a tourné lorsque Proof l’a incité à faire des luttes de rap dans une boutique hip-hop de Détroit. Il s’est fait un nom en échangeant des rimes d’insultes avec ses adversaires de la région avant de traverser les frontières de l’Ohio et de la Californie. C’est à Los Angeles qu’Eminem a été aperçu par l’assistant de Jimmy Lovine, directeur d’Interscope Records. Quelque temps plus tard, le rappeur légendaire Dr. Dre mettait la main à la pâte pour réaliser ce qui allait devenir la porte d’entrée musicale d’Eminem, The Slim Shady LP en 1999. Tandis que le duo travaillait aux chansons, Dre se souciait de l’image du personnage de Slim Shady; elle manquait à l’album. Quelques gouttes d’Ecstasy et le problème était réglé. Obéissant à ses impulsions, Eminem est entré dans une pharmacie et s’est empressé d’acheter une bouteille de peroxyde. Il l’a vidé sur sa tête et c’est ainsi que les cheveux blonds platine et le chandail blanc de Slim Shady sont nés. «Je ne croyais pas que le truc du peroxyde allait me donner mon look, écrit-il. J’étais juste stupide parce que j’avais consommé.» Au fil des ans, il a vécu plus d’une situation très médiatisée, dont une aventure avec Mariah Carey, un numéro avec Elton John aux Grammys et une scène télévisée avec la marionnette Triumph the Insult Comic Dog. Toutefois, tandis qu’il s’apprête à revenir sur la scène médiatique, un Eminem plus mûr et posé affirme qu’il tente de tout garder en perspective. La musique, c’est important, mais il a plutôt à cœur d’être le père de trois filles, Hailie, sa nièce Alaina et une petite fille prénommée Whitney, qui n’est pas sa fille biologique. «Mes trois filles m’appellent papa, écrit-il. Je les aime toutes autant et elles sont toutes traitées de la même façon. À cause de mon succès, j’ai pu subvenir à leurs besoins comme ma famille n’a jamais pu le faire pour moi. C’est ça l’essentiel.»
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