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© Photo d’archives |
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DENIS MONETTE
Le plaisir d’écrire
Par Claudia Larochelle
18-10-2008 | 15h00
C’est une photo de ses grands-parents, celle en couverture de son dernier roman, qui lui a inspiré cette histoire, celle de
M. et Mme Jean-Baptiste Rouet. Elle fera encore de Denis Monette un de nos auteurs les plus lus au Québec, un discret qui écrit dans son coin, sans glamour et coup d’éclat. Un bon élève.
Où et quand écrivez-vous? J’aimerais vous imaginer dans le processus de création.
Je travaille chez moi, chaque jour, surtout l’après-midi et en soirée. Oubliez le matin! Je me remets de la veille, j’aime bien prendre ce moment de la journée pour faire le vide, d’autant plus que j’ai des nuits entrecoupées à travers lesquelles mes personnages viennent me réveiller. J’écris à la main, accompagné de musique classique et je ne laisse personne lire mon manuscrit avant qu’il soit sorti de l’impression, fin prêt à être distribué en librairie.
J’ai longtemps pensé que vos lecteurs de premier plan faisaient partie des personnes âgées, comme ma grand-mère, qui vous lit religieusement…
C’était surtout vrai au début de ma carrière. J’avais plus de lectrices que de lecteurs aussi, mais c’était vraiment des gens de tous les âges. Lorsque j’ai écrit la trilogie de L’Ermite et qu’elle a été publiée dans vos pages, j’ai alors remarqué que mon lectorat changeait, que les hommes, vos lecteurs, se mettaient à attendre la suite de ce que j’écrivais.
Si vous deviez écrire dans un style complètement différent, quel genre littéraire aimeriez-vous explorer?
Ça ne fait pas partie des défis que je me lance. Le seul que je m’octroie c’est de finir le roman que je suis en train d’écrire. Si j’étais plus jeune, je me lancerais peut-être d’autres défis. J’admire par exemple ceux qui font de la science-fiction ou du roman policier.
Si vous n’aviez pas pris la plume pour écrire de la fiction, qu’auriez-vous fait de votre vie?
Avant d’être écrivain, j’ai été journaliste. À 20 ans, j’étais attiré par la profession de psychologue, j’ai d’ailleurs fait des études en psychologie. C’est donc peut-être vers cette voie que je me serais orienté.
Certains journalistes sont aussi écrivains. Comment cette première profession vous a-t-elle mené vers la seconde? Ça a été tout naturel, je crois?
J’ai écrit de la fiction avant de devenir journaliste, je publiais d’abord des nouvelles, puis on m’a demandé de réaliser des entrevues et tout. Je crois que j’ai été un bon journaliste, mais à ma retraite, je m’étais dit que j’allais me payer le luxe d’être romancier à temps plein. Enfin. Je voulais léguer à mes enfants autre chose que des articles de magazine.
Êtes-vous vous-même un lecteur? Qu’aimez-vous dans le paysage littéraire actuel?
Prendre le temps de lire, c’est perdre le temps d’écrire. Lorsque je veux m’évader, je ne vais pas vers les romans des autres. La seule chose que je m’autorise, c’est des biographies en anglais parce qu’elles sont très très loin de mes propres univers. Je ne peux non plus m’empêcher de lire les livres de mon amie Marie-Claire Blais.
Est-ce que vous sentez un certain rejet de la part de l’intelligentsia littéraire québécoise?
Il est vrai que dans certains cas, le succès dérange. Je l’ai senti à quelques reprises, mais je ne peux rien faire contre les envieux. L’important, ce sont mes lecteurs et le plaisir que j’ai à écrire mes histoires.
M. et Mme Jean-Baptiste Rouet
Denis Monette
Éditions Logiques