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Corinne Chevarier - L’intimité sous toutes ses formes
©Photo le journal –Pablo Durant

CORINNE CHEVARIER

L’intimité sous toutes ses formes

14-09-2008 | 12h00
Dans son dernier recueil de poésie, Dehors l’intime, Corinne Chevarier, qui compte parmi les invités du 24e Festival international de la poésie, observe le lien entre l’intimité d’une femme et ce qui l’entoure. Avec la finesse de la dentellière, celle qui est aussi actrice livre une parole franche et fragile à travers laquelle les sensibilités se reconnaissent.

Plusieurs connaissent Corinne Chevarier l’actrice. Mais ce n’est pas que pour ses rôles d’Élise Audet dans Zap, du Dr Maude Pelletier dans 4 et demi ou de Mérédith Rondeau dans Histoire de famille qu’elle a su se tailler une place dans le milieu artistique.

La Montréalaise est aussi une poétesse aguerrie, qui manie la plume avec passion et intensité en jetant un regard personnel et touchant sur le monde qui l’entoure, sur son monde intérieur aussi, peuplé d’histoires, de sensations et d’humanité. Entrer dans son univers, c’est accepter de lever le voile sur nos propres recoins intérieurs, ceux parfois qu’on a laissés en jachère. Trop longtemps peut-être.

C’est pour tout ça que l’œuvre de Corinne Chevarier mérite qu’on lui accorde de l’attention. Pour tout ça, et pour la créatrice. Généreuse et attachante. «Mon travail a une ligne directrice qui est d’explorer l’intimité sous toutes ses formes. J’aime explorer nos rapports avec l’inconscient, le fait de vieillir, la perte, le deuil, la féminité, tout ce qui se vit dans l’intimité», précise-t-elle.


ENTRE ACTRICE ET POÉTESSE
Si le travail poétique comprend d’après elle une part cathartique importante, il se conjugue aussi à ravir avec le jeu, qui continue d’occuper sa vie. «Le travail de comédienne nécessite une distance avec le personnage qui n’est pas moi, Corinne Chevarier.

J’aborde mon travail d’écriture avec une distanciation similaire face aux sujets traités pour que mes créations ne soient pas de l’ordre du journal intime», poursuit-elle avant d’ajouter que c’est le jeu qui est venu en premier dans sa vie. Quoique… Dès qu’elle a su écrire, la petite Corinne prenait feuilles et crayons pour rédiger quelques poèmes à son petit frère. Très tôt, le plaisir des mots a tracé un sillon en elle et elle y a fait une place, d’abord infime, puis très grande au début de la trentaine.


RECOINS EXTÉRIEURS
C’est à ce moment qu’elle a publié Les Recoins inquiets du corps, parus aux éditions Les Herbes rouges en 2004. Depuis, elle ne cesse de faire sa marque. Dans son appartement du Plateau Mont-Royal, elle s’installe quotidiennement devant ses deux fenêtres et pianote au clavier de son ordinateur. Toujours cette intimité. Toujours cette même envie paradoxale d’extériorisation quand elle plonge ses yeux vers cette vie qui se déroule tout près. Un spectacle continu et improvisé. «J’ai besoin d’ouvertures vers le dehors. S’il le faut, je déplace des meubles, mais c’est essentiel à ma création», souligne-t-elle.


Corinne Chevarier fait partie des invités du 24e Festival international de la poésie, qui se déroulera à Trois-Rivières du 3 au 12 octobre.

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