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Louis-Philippe Hébert - La traversée des paradoxes
©Photo le journal – Annik MH de Carufel

LOUIS-PHILIPPE HÉBERT

La traversée des paradoxes

Par Claudia Larochelle
07-09-2008 | 04h00
Le Livre des plages sent l’enfance, le sel de la mer, les châteaux de sable, le coconut de la crème Hawaïen Tropic, le petit bikini mouillé… Son auteur, Louis- Philippe Hébert, a su jouer avec nos sens dans ce recueil de poésie qui a gagné cette semaine le Grand Prix Quebecor du Festival international de la poésie 2008.

«Le Livre des plages se présente telle une traversée des paradoxes, profonde et légère comme la vie, hantée par un passé qui ne fait pas écran au présent.» C’est entre autres en ces termes que le jury a fait la description de cette œuvre parue en 2007 aux éditions Les Herbes rouges.

Cette bourse de 10000 $ offerte par Quebecor et celle de 5000 $ remise par le Festival international de la poésie qui débute le 3 octobre à Trois-Rivières tombent à point pour le poète qui se consacre plus que jamais à l’écriture dans sa maison des Laurentides.


CHASSE AUX GRAINS DE SABLE
Ses virées en nature lui rappellent peut-être ses onze ans, lorsqu’il parcourait la plage, curieux, à l’affût du moindre grain de sable, celui qui réorganiserait son paysage. Il a d’ailleurs puisé dans les moindres recoins de ses souvenirs pour écrire Le Livre des plages, une œuvre poétique accessible au commun des mortels, à ceux qui ont gardé des parcelles de leur cœur d’enfant.

«À onze ans, on est encore un peu enfant, presque un ado, c’est le point de bascule entre les deux, explique Louis-Philippe Hébert. La plage devient un lieu privilégié où on découvre plein de choses, ne serait-ce que nos parents que nous voyons vraiment quand ils sont en vacances. Sur la plage, on ne peut pas changer de pièce, on ne peut pas leur échapper, eux ne peuvent pas non plus…»

Celui qui a été informaticien comme Boris Vian était ingénieur, entrepreneur comme Apollinaire était soldat, mais surtout poète et écrivain depuis le jour où il a compris que la plume, puis le clavier d’ordinateur pouvaient servir d’ancrage vers des possibles tout aussi excitants que cathartiques et mystérieux aborde d’ailleurs le seuil de la soixantaine avec plus d’énergie que jamais pour publier.


PASSION LONGUE DURÉE
Le grand lauréat de cette année se consacre depuis cinq ans à l’écriture de plusieurs nouveaux ouvrages aux titres tous plus inspirants les uns que les autres. La Bibliothèque de Sodome, La Chute de l’ange, Les Ponts de glace sont toujours fragiles, Belvedere Hotel… ne sont que quelques-uns des livres sur lesquels il s’affaire avec un bonheur renouvelé.

C’est cette même ivresse qu’il retrouvait à 13 ans lorsqu’il envoyait ses poèmes dans des revues européennes spécialisées, sans jamais faire mention de son âge. Il était publié. Il marquait déjà des points.

Louis-Philippe Hébert ne manque pas d’audace pour mener de front toutes sortes de choses à la fois. Parmi ses passions qui font de lui un être intense, il en demeure une grande, et non la moindre dans un monde qui a grand besoin de poésie. Il espère par ses mots, par cette façon accessible qu’il a de lever le voile sur des horizons connus et avec une douceur toute personnelle dans le ton et la voix, transmettre au plus grand nombre de gens possible son amour de la poésie. Le Festival international de la poésie de Trois-Rivières ne s’en plaindra pas.

Le Festival international de la poésie se déroule à Trois-Rivières du 3 au 12 octobre et offrira durant dix jours une programmation composée de plus de 400 activités. www.fiptr.com

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