Accueil Divertissement
 
JDM
Festival international de littérature - Symphonie de mots
© Photo Le Journal – Daniele Francis
Pour Chrystine Brouillet, porte-parole du Festival international de littérature, ce sont les adaptations de la littérature en d’autres formes d’art qui la rendent attrayante.

FESTIVAL INTERNATIONAL DE LITTÉRATURE

Symphonie de mots

Par Jean-Louis Fortin
24-08-2008 | 04h00
Le quatorzième Festival international de littérature se déroulera cette année sous le signe de la diversité. Neuf jours pendant lesquels les mots s’exprimeront sur papier et, aussi, par la danse, la musique, la comédie et les arts visuels.

«Le festival, c’est comme un gros terrain de jeu pour tout le monde de la littérature. C’est, en tout cas, une semaine où je nourris beaucoup mon inspiration», commente Chrystine Brouillet, porte parole de l’événement pour la cinquième année consécutive.

Créé en 1994 par l’Union des écrivaines et des écrivains québécois, le Festival international de littérature en sera cette année à sa quatorzième année d’existence, et la quarantaine de manifestations organisée prendra place, entre autres, à la Cinquième Salle de la Place des Arts, au Lion d’Or, au Goethe-Institut et à la Grande Bibliothèque.


HOMMAGES
L’événement se mettra en branle le 18 septembre avec Quichotte et les Invincibles, un spectacle venu d’Europe qui mettra en vedette les mots d’Erri de Luca, portés par la guitare de Gianmaria Testa et la clarinette de Gabriele Mirabassi.

Parmi les événements à surveiller, un spectacle dédié à l’écrivain suisse Robert Walser avec les comédiens Renaud Lacelle-Bourdon, Pier Paquette et le musicien Christophe Papadimitriou, dont un délicieux extrait a été présenté aux membres de la presse cette semaine.

Cette année, l’organisation du festival table aussi sur des hommages à des grands de la littérature, soit Simone de Beauvoir, Yves Thériault et Aimé Césaire, décédé le 17 avril dernier.


APPROPRIATION DE LA LITTÉRATURE
Également au programme, quatre midis littéraires où les comédiens Karine Vanasse, Benoît McGinnis, Maude Guérin et Francis Ducharme s’approprieront tour à tour un texte différent.

En clôture, le public pourra revoir Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, une idée originale de Loui Mauffette, de retour cette année avec une vingtaine de comédiens sur scène, dont Éveline Gélinas, Pascale Montpetit et Laurence Leboeuf.

Le Festival international de littérature, du 19 au 27 septembre. Renseignements au www.festival-fil.qc.ca

Chrystine Brouillet et le mélange des genres

Avec 32 livres à son actif, l’auteure Chrystine Brouillet est l’une des plus lues au Québec. Pourtant, elle avoue avoir un fréquent besoin d’inspiration et se dit toujours surprise des adaptations qui sont faites de ses romans. Les aventures de Maud Graham, qui auront en 2009 leur neuvième tome, ont propulsé Chrystine Brouillet au rang maître québécois du polar. Le troisième volume de la série, Le Collectionneur, a même fait l’objet d’un film de Jean Beaudin en 2002.

Assise à une table au Cabaret du Lion d’Or, l’auteure nous parle de l’éventualité d’une autre adaptation de son œuvre policière, télévisuelle cette fois. Un projet «en pourparlers», selon la principale intéressée, mais qui ne serait en rien surprenant vu le style très cinématographique des Maud Graham, en particulier du dernier épisode, Silence de mort, paru en juin dernier.


REDÉCOUVRIR SA PROPRE ÉCRITURE
«Chaque fois qu’un de mes textes est adapté, c’est toujours une surprise pour moi. C’est un peu comme si je redécouvrais mon œuvre, parce qu’évidemment, quelques années après la parution d’un livre, je ne peux pas me rappeler de chaque détail que j’avais écrit», raconte l’auteure, qui est porte-parole du Festival international de littérature pour la cinquième année consécutive.

«Le plus intéressant dans une adaptation de mon travail, poursuit-elle, c’est la couleur, l’émotion qui peut être très différente de ce que j’avais imaginé au départ. L’appropriation d’un comédien, très personnelle, ajoute assurément une nouvelle touche, que je découvre avec plaisir chaque fois», poursuit Chrystine Brouillet.

«Pour moi, mélanger la littérature à d’autres genres la rend vivante. Interpréter un texte sur une scène ou au cinéma, l’accompagner de musique ou d’arts visuels, c’est ce qui explique l’engouement qu’on remarque pour la littérature aujourd’hui», observe-t-elle.


COMME UN COURS
Son quotidien, l’auteure le consacre présentement à l’écriture de la suite des aventures de Maud Graham, son personnage enquêteuse pour la police de Québec, son «amie».

«J’ai écrit beaucoup cet été pour le prochain Maud Graham, qui sortira en juin 2009. Mais à l’automne, je compte m’accorder une pause, m’inspirer d’un événement comme le Festival de littérature. C’est comme un cours pour moi. Nous, les écrivains, on est un peu comme des éponges, on apprend beaucoup de ce que font nos collègues», avoue-t-elle.


haut