BARRY CUNNINGHAMChercheur de trésors… littéraires!Par Marie-Joëlle Parent 13-07-2008 | 04h00
Barry Cunningham a une voix réconfortante. Comme celle de Dumbledore. Il rit à chaque réponse. C’est lui qui a ouvert la porte de la gloire universelle à J.K. Rowling. Elle avait été refusée par tous les éditeurs de Londres.
Il s’en souvient comme si c’était hier.
C’était en 1996. Il reçoit un appel de
Christopher Little, l’agent littéraire qu’elle
avait engagé dans l’espoir de décrocher
un contrat avec un éditeur.
«Il m’a dit il faut que tu lises ça, je me
suis installé un soir à la maison et j’ai
dévoré le roman. C’était une histoire
incroyable, un peu longue, cependant»,
se souvient-il.
«On a négocié cinq minutes seulement. J’ai acheté les deux premiers livres pour un petit montant d’argent», dit-il. Selon le magazine Time, il a payé 2 250$ et accepté d’imprimer 1 000 exemplaires… «Tout ça sans savoir que c’était la décision la plus importante de toute l’histoire de l’édition », raconte l’éditeur depuis Londres. «Pour être honnête, je n’aurais jamais pensé que les adultes embarqueraient dans l’aventure», dit-il.
Il fut un temps où l’éditeur ne pouvait
pas aller à un dîner à Londres sans se faire
remettre une enveloppe brune avec un
manuscrit à l’intérieur.
«On a un lien spécial. Je me souviens, après son quatrième roman, elle m’a téléphoné pour me dire: J’ai rêvé la nuit dernière que tu n’avais jamais publié mon premier roman et que tout ceci n’était qu’un rêve…» Barry Cunningham se spécialise aujourd’hui dans la littérature jeunesse. Un marché qui a explosé de 50% après la percée de J.K. Rowling. «Harry Potter a ouvert la porte à une nouvelle écriture, c’est un peu comme ce qui est arrivé après les Beatles», dit-il. Au moment de l’entretien, il se trouvait au London Book Fair à la recherche de nouveaux talents. Il n’a pas encore trouvé la perle rare, mais ne baisse pas les bras. «Je suis sûr qu’un autre va venir, je finis toujours par trouver», dit-il, confiant. La tendance est au noir dans la littérature jeunesse. Harry Potter a inspiré une nouvelle génération de romans jeunesse plus sombres et épeurants. La guerre de succession est ouverte. Qui reprendra le flambeau de J.K. Rowling? Barry Cunningham, éditeur des premiers romans Harry Potter, mise sans contredit sur Tunnels. Le roman, écrit par deux Britanniques, un banquier et un artiste, est «le plus grand succès littéraire depuis Harry Potter. Il a même connu un succès plus rapide que celui du magicien», dit Barry Cunningham. Le livre a été vendu à plus de un million d’exemplaires en Amérique du Nord. Il est numéro un en France et en Roumanie. Le deuxième opus sera publié sous peu. Hollywood compte déjà en faire un film. Les droits ont été achetés pour un million de dollars. Barry Cunningham agira à titre de directeur en chef. Qui aimerait-il voir dans le rôle principal? «Russell Crowe», dit-il. La recette du roman, c’est de faire découvrir aux enfants des mondes secrets. Un fils et son père partagent la passion des tunnels. Ils se mettent à creuser et découvrent des mondes cachés sous Londres. Parmi les autres coups de coeur de Barry Cunningham, on compte une Québécoise, Anne Robillard, avec son roman Les Chevaliers d’émeraude, qui connaît un énorme succès en France. Il aime aussi Cornelia Funke, qu’on décrit souvent comme la J.K. Rowling allemande. Elle a écrit la trilogie Inkdeath, dont le dernier tome paraîtra à l’automne. Philip Pullman (À la croisée des mondes), un autre Britannique, fait aussi partie de son top 5. Il vient de publier un nouveau roman, Once Upon a Time in the North, qui sera traduit en français sous peu.
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