Accueil Divertissement
 
JDM

LE JOURNAL À L'ÏLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD

Là où tout a commencé

Claudia Larochelle
Journal de Montréal
07-07-2008 | 08h21
À une quinzaine de minutes des pignons verts, la maison qui a vu naître l'écrivaine Lucy Maud Montgomery en 1874 dans l'ancien village de Clifton, aujourd'hui appelé New London, est ouverte aux visiteurs. Ses fans y font des pèlerinages émouvants, l'endroit a des odeurs de sainteté.

La Finca Vigia, à Cuba, maison où Ernest Hemingway écrivit entre autres Le Vieil Homme et la Mer, l'ancien hôtel des Roches Noires, à Trouville, où vécut Marguerite Duras, ou encore le cimetière du Montparnasse, qui abrite les restes de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, font partie de ces lieux mythiques qui attirent dans un mélange de sérieux et d'allégresse les amoureux des mots.

Contrairement à ces derniers, et dans un registre de littérature plus «populaire», la première résidence de Lucy Maud Montgomery accueille non seulement les grands, mais leurs enfants aussi, beaucoup de fillettes qui commencent à lire leurs premiers romans sans images... Au même titre que la Comtesse de Ségur, dame Montgomery est à l'origine de bien des passions littéraires.

De mère en filles

J'ai lu Anne... la maison aux pignons verts à dix ans. L'année suivante, j'avais dévoré tous ses autres romans. Puis, chaque semaine avec les copines, on se rassemblait dans le sous-sol d'une d'entre nous pour suivre les péripéties d'Anne Shirley à la télé. Avec notre héroïne, nous découvrions la poésie, les hauts et les bas de l'amitié, de l'amour surtout. J'imagine que l'envie de partager ces souvenirs pousse les parents à emmener leur progéniture voir les pignons verts à Cavendish et à poursuivre leur pèlerinage jusqu'à New London. Difficile pour les vrais passionnés de ne pas verser une larme. Mea culpa.

Même si l'endroit devenu propriété de la province en 1964 ne regorge pas d'artefacts comme dans l'exposition Imaginons Anne au Musée d'art du Centre de la Confédération, quelques pages de ses scrapbooks révèlent les passions de L.M. Montgomery pour les fleurs, les chats, la photographie, les belles tenues vestimentaires et la poésie.

L'effet Montgomery

Une réplique identique de la robe dans laquelle elle a épousé le révérend presbytérien Ewan Macdonald en 1911 domine la place. Des femmes y viennent pour l'étudier et s'en confectionner une similaire...

Dans cette maison, le fanatisme est à son comble. Comme l'auteure au sixième sens développé croyait aux esprits, on se surprend à espérer un signe de sa part. Juste avant de repartir les mains remplies de babioles achetées sur place, un arc-en-ciel a transpercé le ciel de l'île. Pas de doute, faudra revenir faire un croquis de la robe de mariée.

(Notre journaliste a été invitée par l'Office du tourisme de l'Île-du-Prince-Édouard.)

haut